Couple vu de dos se tenant la main sur un chemin en pleine nature au coucher du soleil, symbole d'un projet de conception partagé

Fertilité naturelle : le guide complet pour comprendre et optimiser ses chances de concevoir

Tu essaies de concevoir depuis plusieurs mois déjà ? Ou tu souhaites t’y mettre prochainement et commencer dans les meilleures conditions ? C’est souvent à ce moment là qu’on se pose mille questions sur son cycle. « Que pourrais-je faire différemment ? Que se passe-t-il vraiment dans mon corps chaque mois ? » Peut-être que tu commences aussi à douter, à te demander si tout va bien.

Si c’est le cas, alors ce guide est fait pour toi.

La fertilité naturelle est un vaste sujet, parfois mal expliqué et souvent réduit à « surveille ton ovulation et détends-toi ». Mais concevoir, c’est bien plus subtil que ça. C’est une question de cycle, d’hormones, d’alimentation, de micronutrition, d’environnement, et aussi de timing. Et la bonne nouvelle, c’est que sur beaucoup de ces facteurs, tu peux agir concrètement.

En tant que naturopathe spécialisée en fertilité, j’accompagne des femmes qui veulent comprendre leur corps et mettre toutes les chances de leur côté, naturellement. Dans cet article, je te partage tout ce que j’aurais voulu que mes clientes sachent dès le départ :

  • comment fonctionne vraiment la fertilité
  • quels facteurs l’influencent
  • comment optimiser ta fenêtre fertile
  • ce que tu peux faire au quotidien pour préparer ton corps
  • à quel moment il est pertinent de consulter

Que tu démarres tout juste ce projet de bébé ou que tu essaies depuis plusieurs mois, tu trouveras ici des réponses claires, fondées, et des pistes d’action concrètes.

Table des matières

Comment fonctionne la fertilité naturelle ?

Tu l’as sûrement appris à l’école mais généralement il n’en reste pas grand-chose dans nos mémoires à l’âge adulte…  Et j’ajouterai même qu’il y a certains points enseignés erronés : non l’ovulation n’est pas forcément au 14ème jour en moyenne ni 14 jours avant les règles. Un cycle normal n’est pas non plus d’en moyenne 28 jours et ce n’est pas le spermatozoïde le plus rapide qui féconde l’ovocyte. Mais revenons en détails sur ces différentes étapes de la fertilité naturelle.

➤ Le cycle menstruel et ses 4 phases

Infographie circulaire du cycle menstruel en 4 phases : règles, phase folliculaire dominée par les œstrogènes, ovulation et phase lutéale dominée par la progestérone

Le cycle menstruel est bien plus qu’une simple histoire de règles : il est le reflet de ta santé hormonale, et le comprendre est la première étape pour concevoir naturellement.

Un cycle menstruel peut se diviser en 4 phases :

La phase menstruelle (dure en moyenne 3 à 6 jours) : c’est le début du cycle, marqué par les règles. L’endomètre — la muqueuse utérine — se détache car aucune fécondation n’a eu lieu le mois précédent.

La phase folliculaire (dure en moyenne 10 à 25 jours) : sous l’effet de la FSH (hormone folliculo-stimulante), plusieurs follicules se développent dans les ovaires. Ils produisent des œstrogènes, qui préparent l’endomètre à accueillir un éventuel embryon ainsi que la glaire cervicale qui permet la survie des spermatozoïdes. C’est ta fenêtre fertile — on y reviendra en détail plus loin.

L’ovulation (se déroule en fin de phase folliculaire) : le pic de LH (hormone lutéinisante) déclenche la libération de l’ovocyte. C’est le point central du cycle.

La phase lutéale (dure en moyenne 10 à 16 jours) : le follicule vide se transforme en corps jaune et produit principalement de la progestérone, qui maintient l’endomètre prêt pour une éventuelle nidation. Si l’ovocyte n’est pas fécondé, le corps jaune se dégrade, la progestérone chute, et les règles arrivent.

📝 À noter :

Un cycle « normal » ne dure pas forcément 28 jours. Entre 21 et 35 jours, c’est tout à fait physiologique. Ce qui compte, c’est la régularité du tien.

➤ L'ovulation : le point central du cycle menstruel

L’ovulation est l’événement central de ton cycle — tout s’organise autour d’elle. Sans ovulation, pas de conception possible.

Ce que beaucoup de femmes ignorent : l’ovocyte n’est fécondable que les 12 à 18 premières heures après sa libération et il se désagrège complètement au bout de 24h s’il n’est pas fécondé. Certains signes peuvent indiquer que l’ovulation n’est pas optimal, découvre lesquels dans cet article : Symptômes d’une ovulation de mauvaise qualité

Une deuxième ovulation est possible dans un même cycle mais seulement à quelques heures d’écart de la première. Impossible d’ovuler à nouveau 3 jours plus tard chez l’espèce humaine. En revanche, les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à 5 jours dans les voies génitales féminines, en présence de glaire cervicale. Ta fenêtre fertile est donc de 5 à 7 jours par cycle : les 5 jours avant l’ovulation, le jour J et éventuellement un jour supplémentaire en cas de double ovulation.

L’ovulation n’arrive pas toujours au même moment, même si ton cycle est régulier. Le stress, une maladie, un voyage, un jeûne peuvent la décaler. C’est pourquoi apprendre à observer tes signes de fertilité est bien plus fiable que de compter les jours sur un calendrier.

➤ La fertilité masculine : spermatozoïdes et fécondation

La fertilité, c’est l’affaire de deux. Pourtant, on a longtemps — et injustement — fait porter la responsabilité de la conception uniquement à la femme. Aujourd’hui, on sait que les facteurs masculins sont impliqués dans environ 40 à 50 % des difficultés à concevoir.

Un homme produit en permanence des spermatozoïdes, contrairement à la femme dont le stock d’ovocytes serait défini dès la naissance. Mais cette production n’est pas à l’abri des influences extérieures : alimentation, chaleur, perturbateurs endocriniens, stress, alcool — tous ces facteurs impactent la qualité du sperme.

Un spermogramme normal évalue trois critères principaux : la concentration (nombre de spermatozoïdes), la mobilité (leur capacité à se déplacer) et la morphologie (leur forme). Une anomalie sur l’un de ces critères peut suffire à réduire significativement les chances de conception.

Pour qu’un spermatozoïde féconde un ovocyte, il en faut des millions dans l’éjaculation. Il n’en restera que quelques dizaines autour de l’ovocyte au final et ensemble ils vont fracturer la « zone pellucide » — la coque de l’ovocyte — pour qu’un seul puisse fusionner avec ce dernier. Ce n’est donc pas le plus rapide qui féconde l’ovocyte : c’est un véritable travail d’équipe.

Illustration humoristique de spermatozoïdes en course, l'un en tête se fait rappeler par les autres que la fécondation est un travail d'équipe

➤ Combien de temps faut-il en moyenne pour concevoir ?

C’est l’une des premières questions que se posent les couples et souvent une source d’inquiétude inutile dans les premiers mois.

Selon le NIH (StatPearls, 2024) :

  • 15 à 20 % de chances de concevoir par cycle
  • 30 à 40 % des couples obtiennent une grossesse dans les 3 premiers mois
  • 85 % y parviennent au bout d’un an

Ces chiffres montrent que la conception prend du temps, même quand tout va bien. L’âge, entre autres, joue un rôle (on y revient dans la section suivante). Avant 35 ans, un an d’essais sans succès est la norme médicale à partir de laquelle on parle d’infertilité et où il est recommandé de consulter.

Ce délai peut sembler long. Mais il est aussi une opportunité : celle de préparer ton corps et d’optimiser tes chances pendant cette période.

💡 En bref

15 à 20 % de chances de concevoir par cycle. 85 % des couples y parviennent en un an. Avant 35 ans, un an d’essais sans succès est le seuil médical pour parler d’infertilité.

Quels facteurs influencent la fertilité féminine et masculine ?

La fertilité naturelle n’est pas une donnée figée. Elle fluctue en fonction de nombreux paramètres — certains sur lesquels tu n’as aucune prise, d’autres que tu peux tout à fait influencer. Identifier ces facteurs, c’est déjà reprendre le pouvoir sur ta conception.

➤ L'âge des deux partenaires et la réserve ovarienne

Illustration humoristique d'un couple surpris chez le médecin, qui leur reproche d'avoir attendu trop longtemps pour concevoir alors qu'ils ne se connaissent que depuis un an

L’âge est le facteur le plus connu — et pourtant il est presque exclusivement associé à la femme dans l’imaginaire collectif. C’est une vision incomplète.

Du côté féminin, la fertilité commence à décliner doucement à partir de 30 ans, plus nettement après 35 ans, et de façon significative après 40 ans. Cette baisse s’explique par deux phénomènes simultanés : la diminution de la réserve ovarienne (le nombre de follicules disponibles) et la dégradation de la qualité ovocytaire. Mais est-ce vraiment beaucoup plus difficile de concevoir après 35 ans ? Je réponds à cette question ici : concevoir après 35 ans . Ce n’est pas seulement une question de quantité — une femme de 40 ans peut avoir une bonne réserve ovarienne mais des ovocytes de moins bonne qualité génétique, ce qui augmente le risque de fausses couches et de difficultés à concevoir.

La réserve ovarienne peut être évaluée par deux marqueurs biologiques : l’AMH (hormone anti-müllérienne), couplée avec l’estradiol et la FSH, et le compte des follicules antraux à l’échographie. Ces examens donnent une idée du stock restant, mais pas de la qualité ovocytaire — une nuance importante à comprendre.

Du côté masculin, le déclin est plus progressif mais bien réel. La qualité du sperme — concentration, mobilité, morphologie et intégrité de l’ADN spermatique — diminue avec l’âge, avec une accélération notable à partir de 40 ans. Des études montrent qu’un âge paternel avancé augmente le risque de fausses couches spontanées et certaines anomalies génétiques chez l’enfant, indépendamment de l’âge maternel. C’est un aspect encore trop peu abordé lors des consultations de fertilité.

➡️ En résumé :

L’âge des deux partenaires compte. Et si tu as plus de 35 ans, il peut être pertinent d’anticiper certains examens sans attendre un an d’essais infructueux — on y revient dans la section dédiée aux bilans.

➤ Les pathologies qui impactent la fertilité (femme et homme)

Parfois, les difficultés à concevoir ne sont pas liées à l’âge ou au mode de vie, mais à une pathologie sous-jacente — souvent silencieuse, parfois déjà connue. En identifier l’existence le plus tôt possible permet d’adapter la prise en charge et d’éviter des mois d’essais infructueux.

Du côté féminin, les pathologies les plus fréquemment impliquées sont :

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : c’est la cause la plus courante d’infertilité féminine d’origine hormonale.  Récemment renommé syndrome métabolique ovarien polyendocrinien ou SMOP, il se caractérise par des cycles irréguliers, une ovulation absente ou rare, et un excès d’androgènes. La bonne nouvelle : le SOPK répond bien aux approches naturopathiques, notamment via l’alimentation et la micronutrition. Pour comprendre les causes du SOPK et les alternatives naturelles disponibles, je t’invite à lire cet article : causes du SOPK et alternatives naturelles. Et si tes cycles sont irréguliers pour d’autres raisons, voici un autre article qui pourrait t’intéresser : solutions naturelles pour les cycles irréguliers.

L’endométriose : présente chez environ 10 % des femmes en âge de procréer, elle peut impacter la fertilité de plusieurs façons — inflammation chronique, adhérences, altération de la qualité ovocytaire ou obstruction tubaire. Elle est malheureusement souvent diagnostiquée tardivement, en moyenne 7 ans après les premiers symptômes. Pour mieux reconnaître l’endométriose, découvre ses différents symptômes dans cet article : Les différents symptômes de l’endométriose.

Les troubles thyroïdiens : une thyroïde dysfonctionnelle — qu’elle soit hypo ou hyperactive — perturbe l’ensemble de l’axe hormonal et peut impacter l’ovulation, la qualité ovocytaire et le maintien de la grossesse. La TSH est souvent insuffisamment surveillée dans un bilan de fertilité standard.

D’autres pathologies peuvent également être en cause : infections sexuellement transmissibles non traitées (la chlamydia par exemple peut rendre les trompes non fonctionnelles de façon totalement silencieuse), insuffisance lutéale, malformation utérine, polypes, fibromes, hyperprolactinémie, syndrome du X fragile, ou encore la mutation du gène MTHFR qui perturbe le métabolisme des folates et mérite une attention particulière en naturopathie.

Du côté masculin, les pathologies les plus fréquentes sont :

La varicocèle : c’est la cause masculine la plus courante d’infertilité. Il s’agit d’une dilatation des veines du cordon spermatique qui entraîne une élévation de la température testiculaire et dégrade la qualité du sperme.

La fragmentation de l’ADN spermatique : souvent absente du spermogramme standard, elle peut pourtant expliquer des échecs répétés de conception ou des fausses couches à répétition. Elle nécessite un examen complémentaire spécifique.

D’autres facteurs peuvent également être impliqués : infections des voies séminales, anomalies génétiques (microdélétions du chromosome Y, syndrome de Klinefelter, mutation MTHFR…) ou obstruction des canaux déférents.

Un bilan complet des deux partenaires permettra d’orienter les investigations et d’adapter la prise en charge.

➤ Les perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques capables d’interférer avec le système hormonal et donc, directement avec la fertilité. Leur particularité : ils sont partout, souvent invisibles, et peuvent produire des effets même à doses minimes.

On les retrouve dans de nombreux produits du quotidien. En voici quelques exemples :

  • les plastiques alimentaires (bisphénol A et ses substituts)
  • les pesticides et résidus présents dans l’alimentation
  • les cosmétiques et produits d’hygiène (parabènes, phtalates, filtres UV)
  • les produits ménagers et détergents
  • les revêtements antiadhésifs (PFAS)
  • les tickets de caisse thermiques (bisphénol S)

Chez la femme, les perturbateurs endocriniens peuvent perturber l’ovulation, altérer la qualité ovocytaire, aggraver l’endométriose ou le SOPK, et interférer avec la production de progestérone. Chez l’homme, ils impactent la concentration, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes, ainsi que l’intégrité de l’ADN spermatique.

Ce qui rend leur gestion complexe c’est qu’il n’existe pas de seuil d’exposition « sans effet ». La combinaison de plusieurs substances à faibles doses peut créer un « effet cocktail » avec des conséquences bien plus fortes que chaque molécule prise isolément.

Il est toutefois possible de réduire son exposition aux perturbateurs endocriniens et on y reviendra en détail dans la section naturopathie de ce guide.

➤ Le stress et son impact sur les hormones

Illustration humoristique d'une femme en peignoir sur son canapé avec des concombres sur les yeux et un cocktail, pendant que son conjoint fait le ménage seul, sous prétexte de réduire son stress pour ovuler

Le stress est probablement le facteur le plus souvent mentionné quand on parle d’infertilité. C’est une réponse facile à donner, qui ne nécessite aucune grande expertise pour paraître crédible et qui remet toute la responsabilité sur la personne. « Détends-toi et ça va marcher » : cette phrase, beaucoup de femmes qui essaient de concevoir l’ont entendue. Elle est très maladroite, et les choses sont loin d’être aussi simples pour que ça fonctionne.

Malgré tout, un véritable stress chronique a effectivement des effets sur la fertilité. Il active l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et entraîne une production prolongée de cortisol. Or le cortisol et les hormones reproductives partagent les mêmes précurseurs biochimiques. En situation de stress prolongé, le corps « priorise » la survie sur la reproduction. Concrètement, cela peut se traduire par des cycles irréguliers, une ovulation tardive ou absente, une insuffisance lutéale, ou encore une qualité ovocytaire dégradée.

Chez l’homme, le stress chronique impacte également la production de testostérone et la qualité du sperme.

📝 Ce qu’il est important de noter :

Le stress ponctuel ne pose en principe pas de problème. C’est bien le stress chronique, celui qui s’installe durablement sans espace de récupération qui peut être problématique. Et dans un contexte de projet bébé, où chaque cycle peut devenir une source d’anxiété supplémentaire, le cercle vicieux est vite installé.

La naturopathie dispose d’outils concrets pour soutenir le système nerveux et rééquilibrer l’axe hormonal — on y revient dans la section dédiée.

➤ Le poids, le sommeil, le sport excessif et l'alimentation

Ces quatre facteurs sont souvent traités séparément, mais ils agissent en réalité de façon interconnectée sur l’équilibre hormonal et la fertilité.

Le poids joue un rôle direct sur la production hormonale. En excès, on a souvent plus de tissu adipeux (ou graisseux), or il agit comme un organe endocrinien à part entière : il produit des œstrogènes. Un excès de masse grasse peut entraîner un excès d’œstrogènes, perturbant l’équilibre du cycle menstruel. Chez l’homme également, les œstrogènes augmentent en cas de surpoids et réduisent la production de testostérone et la fertilité.  À l’inverse, un poids trop bas — ou une masse grasse insuffisante — peut provoquer une aménorrhée hypothalamique fonctionnelle, c’est-à-dire une disparition des règles et de l’ovulation. Et chez l’homme, une réduction de la spermatogénèse.

Le sport excessif va souvent de pair avec un poids insuffisant, mais pas toujours. Une activité physique intense et prolongée, même chez une femme de poids normal, peut suffire à supprimer l’ovulation via une baisse de la leptine et une perturbation de l’axe hypothalamique. C’est ce qu’on observe fréquemment chez les sportives de haut niveau ou les femmes pratiquant des sports d’endurance de façon intensive.

Le sommeil est un facteur encore trop sous-estimé en fertilité. C’est pendant le sommeil profond que se régulent de nombreuses hormones reproductives, dont la LH et la FSH. Un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité perturbe cette régulation. Mais il peut aussi réduire les niveaux de mélatonine — qui joue un rôle protecteur sur la qualité ovocytaire — et augmenter le cortisol. Chez l’homme, le manque de sommeil est associé à une baisse significative de la testostérone.

L’alimentation enfin est un levier majeur sur lequel tu peux agir concrètement. Une alimentation pro-inflammatoire, pauvre en micronutriments essentiels, impacte directement la qualité ovocytaire et spermatique. J’y consacre une section entière plus loin dans ce guide.

Comment identifier sa fenêtre fertile et optimiser la fréquence des rapports ?

Comprendre sa fenêtre fertile est probablement l’un des leviers les plus puissants pour optimiser sa fertilité naturelle. Et pourtant, c’est l’un des domaines les plus mal enseignés. Beaucoup de femmes arrivent en consultation sans avoir jamais appris à lire les signaux que leur corps envoie chaque mois.

💡 A retenir :

La fenêtre fertile dure 5 à 7 jours par cycle : les 5 jours avant l’ovulation, le jour J et éventuellement le lendemain. C’est le seul moment où la conception est biologiquement possible.

➤ La glaire cervicale, indicateur naturel de fertilité

La glaire cervicale est sécrétée par le col de l’utérus sous l’influence des œstrogènes. Elle évolue tout au long du cycle et constitue l’un des indicateurs les plus fiables de ta fenêtre fertile.

En dehors de la période fertile, elle est absente, collante ou opaque. À l’approche de l’ovulation, elle devient progressivement plus filante, transparente et élastique — semblable à du blanc d’œuf cru. C’est le signe que ta fenêtre fertile est ouverte. Elle joue également un rôle crucial pour la survie et le guidage des spermatozoïdes vers l’ovocyte.

Observer sa glaire cervicale est simple, gratuit, et s’apprend en quelques cycles. Si tu n’en observes jamais, ou si elle te semble insuffisante, découvre comment faire revenir la glaire cervicale naturellement.

➤ La température basale pour confirmer l’ovulation

La température basale est la température du corps au repos, mesurée le matin avant de se lever. Elle constitue le deuxième pilier de l’observation du cycle : là où la glaire cervicale annonce l’approche de l’ovulation, la température basale la confirme après coup.

Le principe est simple : sous l’effet de la progestérone produite après l’ovulation, la température basale monte légèrement — en général de 0,2 à 0,5°C — et reste élevée jusqu’aux prochaines règles. Si elle remonte chaque mois, tu sais que tu ovules. Si elle reste basse ou fluctuante, c’est un signal à investiguer.

Pour que les relevés soient fiables, le thermomètre utilisé doit être adapté — un thermomètre classique n’est pas suffisamment précis. Si tu te demandes comment choisir le bon outil, j’ai rédigé un guide complet sur le choix du thermomètre en symptothermie.

Courbe de température en symptothermie montrant l’évolution des cycles hormonaux avec un thermomètre basal.

➤ Combiner ses signes de fertilité avec la symptothermie

Observer sa glaire cervicale et sa température basale séparément est déjà utile. Mais c’est en les combinant que tu obtiens une image complète et fiable de ton cycle : c’est le principe de la symptothermie.

La symptothermie est une méthode d’observation du cycle qui repose sur le suivi simultané de plusieurs indicateurs de fertilité. Le plus souvent il s’agit de la glaire cervicale et la température basale, mais parfois on remplace l’observation de la glaire par celle du col de l’utérus.

Utilisée correctement, elle permet d’identifier avec précision ta fenêtre fertile, de confirmer l’ovulation, et de mieux comprendre ce qui se passe dans ton cycle mois après mois.

C’est un outil particulièrement précieux quand on cherche à concevoir : plutôt que de multiplier les rapports au hasard ou de se fier à une date théorique, tu sais exactement à quel moment agir.

Si tu veux apprendre à pratiquer la symptothermie pas à pas, j’ai écrit un article complet pour t’aider à commencer : Symptothermie : le guide ultime pour bien démarrer.

➤ Les tests d'ovulation : utiles ou trompeurs ?

Les tests d’ovulation sont souvent populaires auprès des femmes qui cherchent à concevoir. Leur principe : détecter dans les urines le pic de LH (hormone lutéinisante) qui précède l’ovulation de 24 à 36 heures. Ils sont faciles à utiliser, disponibles en pharmacie ou sur internet, et donnent l’impression de reprendre le contrôle sur son cycle.

Mais ils ont des limites importantes à connaître. Ils peuvent produire des faux négatifs — quand le pic de LH n’est pas détecté — pour plusieurs raisons :

  • des taux de LH trop élevés, comme c’est souvent le cas dans certains SOPK,
  • des taux trop faibles,
  • une production de LH trop courte qui passe entre deux tests,
  • ou encore un test défectueux.

À l’inverse, ils peuvent générer des faux positifs, notamment dans d’autres cas de SOPK où la LH est chroniquement élevée et détectable en permanence.

À cela s’ajoute la question du coût : répétés sur plusieurs cycles, ces tests représentent une dépense non négligeable. Mais surtout, le plus important pour concevoir est d’avoir des rapports à la bonne fréquence pendant toute la période fertile — et non uniquement le jour du pic de LH.

➤ Quelle fréquence de rapports pour maximiser ses chances ?

Infographie de la fenêtre fertile : 5 jours de survie des spermatozoïdes dans la glaire cervicale, 24h de viabilité de l'ovocyte, avec la fréquence de rapports recommandée représentée par des cœurs

La période fertile du cycle est en réalité très courte. Elle ne dure qu’une petite semaine seulement par cycle : 5 jours avant l’ovulation, le jour J de l’ovulation et éventuellement le lendemain.  Viser les rapports sexuels pendant cette période est donc essentiel pour concevoir. Mais la fréquence de ces derniers est aussi déterminante pour que ça fonctionne. C’est ce qu’a démontré l’étude de Gnoth et al. publiée dans Human Reproduction en 2003. Dans cette étude, les couples utilisaient la symptothermie pour repérer la période fertile.  Ceux avec une fréquence des rapports de 2 à 3 jours pendant la fenêtre fertile du cycle avaient le plus de chance de concevoir.

Inutile d’avoir des rapports quotidiennement, cela peut même être contreproductif. La concentration des spermatozoïdes dans le sperme peut être parfois réduite de cette façon et diminuer les chances de conception.

A l’inverse, trop espacer les rapports ou viser uniquement le jour supposé de l’ovulation n’est souvent pas suffisant pour concevoir.

En dehors de la fenêtre fertile, la fréquence des rapports n’a pas d’impact direct sur les chances de concevoir. Ce qui compte, c’est le timing — et c’est précisément pour ça qu’identifier sa fenêtre fertile avec précision fait toute la différence.

Un dernier point souvent ignoré : le stress généré par la « programmation » des rapports peut lui-même impacter la fertilité et la qualité de la relation. Observer son cycle pour identifier naturellement sa fenêtre fertile permet de retrouver une spontanéité relative, tout en étant stratégique.

Comment optimiser sa fertilité naturellement grâce à la naturopathie ?

L’alimentation, la micronutrition, les plantes, la gestion du stress et la réduction des toxiques environnementaux sont des outils sur lesquels tu peux t’appuyer pour soutenir ta fertilité. C’est à travers ces ressources qu’intervient la naturopathie. Il ne s’agit pas d’une alternative à la médecine, mais d’une approche complémentaire pour préparer le terrain le plus favorable possible à la conception.

➤ L'alimentation pro-fertilité

L’alimentation joue un grand rôle dans la fertilité naturelle. Ce que tu manges influence directement la qualité ovocytaire, l’équilibre hormonal et l’inflammation chronique. Il en va de même pour ton partenaire et sa fertilité.

Les grands principes d’une alimentation favorable à la conception sont bien sûr de manger varié et équilibré. Mais revenons plus précisément sur certains groupes d’aliments :

  • Privilégier les aliments anti-inflammatoires : légumes colorés, fruits frais, poissons gras (sardines, maquereaux, anchois…), et noix. Ces aliments sont riches en antioxydants et en oméga-3, deux éléments essentiels qui réduisent l’inflammation. Ils participent à la qualité ovocytaire et spermatique.
  • Réduire les aliments pro-inflammatoires : sucres raffinés, produits ultra-transformés, graisses hydrogénées, alcool, café en excès. Ils génèrent un stress oxydatif qui dégrade la qualité des gamètes. On peut ajouter la cigarette dans cette catégorie, bien que ça ne soit pas un aliment.
  • Assurer un apport suffisant en protéines de qualité : œufs, légumineuses, poissons, viandes maigres et grasses. Les protéines sont indispensables à la production hormonale et doivent être variées.
  • Ne pas négliger les graisses : les hormones sexuelles sont fabriquées à partir du cholestérol. Une alimentation trop pauvre en graisses peut perturber l’axe hormonal.
  • Privilégier les glucides à index glycémique bas : particulièrement important en cas de SOPK, où la résistance à l’insuline joue un rôle central.
  • Miser sur le fait maison autant que possible : pour réduire l’exposition aux pesticides et aux additifs alimentaires qui agissent comme perturbateurs endocriniens.

Une alimentation pro-fertilité n’est pas un régime restrictif. Il s’agit avant tout de manger des aliments de qualité, peu transformés, et suffisamment diversifiés pour couvrir tous tes besoins nutritionnels.

➤ Optimiser la qualité de ses gamètes par la micronutrition

L’alimentation seule ne suffit pas toujours à couvrir tous les besoins nutritionnels nécessaires à une bonne fertilité. C’est là qu’intervient la micronutrition : l’apport ciblé en vitamines, minéraux et autres micronutriments essentiels à la qualité ovocytaire et spermatique.

Certains micronutriments sont particulièrement incontournables dans le cadre d’un projet de conception : la vitamine B9 (folates), la vitamine D, le zinc, ou encore les oméga-3. Leurs rôles sont multiples : réduire le stress oxydatif, soutenir la production hormonale, protéger l’ADN des gamètes et améliorer la réceptivité de l’endomètre à l’implantation d’un embryon.

Mais la micronutrition ne se résume pas à avaler une liste de compléments. Elle doit être personnalisée en fonction de ton bilan biologique, de ton alimentation, et de ta situation spécifique — c’est précisément ce que je fais en consultation.

Un article complet sur ce sujet est en préparation, il détaillera chaque micronutriment important et comment les choisir.

➤ Les plantes et la fertilité

Illustration de quatre plantes utilisées pour soutenir la fertilité naturelle : le gattilier, le maca, l'ortie et l'ashwagandha

Les plantes sont utilisées depuis des siècles pour soutenir la fertilité. Certaines ont aujourd’hui des études scientifiques qui commencent à documenter leurs effets sur l’équilibre hormonal, la qualité ovocytaire ou la spermatogénèse. Mais comme pour la micronutrition, leur utilisation doit être raisonnée et adaptée à chaque situation.

Quelques plantes particulièrement intéressantes dans un contexte de fertilité :

  • Le gattilier : il soutient la production de progestérone et peut être utile en cas d’insuffisance lutéale. C’est une plante assez forte qui peut générer des effets indésirables, il est donc important d’être accompagnée avant de la prendre. Elle ne se prend pas non plus n’importe quand dans le cycle pour être bénéfique.
  • Le maca : adaptogène péruvien qui soutient l’énergie, l’équilibre hormonal et la qualité spermatique. Bien documenté côté masculin notamment.
  • L’ashwagandha : plante adaptogène qui aide à réduire le cortisol et à soutenir l’axe hormonal en cas de stress chronique.
  • L’ortie : reminéralisante, riche en folates et en fer, elle soutient le terrain général sans agir directement sur les hormones.

⚠️ Un point important :

Certaines plantes sont contre-indiquées en début de grossesse, en cas de pathologies hormonales, ou en interaction avec certains traitements médicaux. L’automédication à base de plantes n’est pas sans risque — un accompagnement par un professionnel de santé formé en phytothérapie est recommandé avant toute prise.

➤ Réduire son exposition aux perturbateurs endocriniens au quotidien

On a vu plus tôt ce que sont les perturbateurs endocriniens et leur impact sur la fertilité. Voyons maintenant comment les réduire significativement et progressivement :

  • Dans la cuisine : privilégier les contenants en verre, inox ou céramique plutôt qu’en plastique. Ne jamais chauffer les aliments dans du plastique, et opter pour des ustensiles sans revêtement antiadhésif (PFAS)
  • Dans l’alimentation : choisir des produits biologiques en priorité pour les fruits et légumes qui ne s’épluchent pas (les plus chargés en pesticides), et réduire la consommation de produits ultra-transformés
  • Dans les cosmétiques et produits d’hygiène : éviter ceux qui contiennent des parabènes, phtalates et filtres UV de synthèse. Les applications comme Yuka ou INCI Beauty peuvent aider
  • Dans la maison : aérer intelligemment. Fermer les fenêtres en cas de pic de pollution, traite des champs à proximité et aérer régulièrement le reste du temps. Éviter les sprays et désodorisants chimiques, préférer des produits ménagers naturels (vinaigre blanc, bicarbonate, savon noir)
  • Les tickets de caisse : les manipuler le moins possible et ne jamais les toucher avec les mains humides car ils contiennent du bisphénol S.

Ces changements progressifs, additionnés les uns aux autres, peuvent faire une vraie différence sur la qualité ovocytaire et spermatique sur le long terme.

Illustration humoristique en noir et blanc d'un couple cuisinant des brochettes dans une jungle comme si c'était leur nouvelle cuisine, pour éviter les perturbateurs endocriniens du quotidien

➤ Gérer le stress : techniques naturelles pour préserver ses hormones

Le stress chronique pouvant perturber l’axe hormonal et la fertilité, voyons à présent quelques outils pour le réduire au quotidien.

Il n’existe pas une seule bonne technique — l’essentiel est de trouver celle qui te convient et de la pratiquer régulièrement. En voici quelques-unes qui pourraient potentiellement soutenir ta fertilité :

  • La cohérence cardiaque : trois fois par jour, cinq minutes de respiration rythmée (5 secondes d’inspiration, 5 secondes d’expiration). Elle réduirait le cortisol et régulerait le système nerveux autonome. C’est un outil très simple à mettre en place
  • Le yoga : certaines études montrent un effet positif sur les marqueurs de stress et la qualité de vie des femmes en parcours de fertilité
  • La méditation en pleine conscience : elle agirait sur l’axe hypothalamo-hypophysaire et semble réduire l’anxiété liée au projet bébé
  • L’activité physique modérée : la pratique d’un sport à intensité modérée peut réduire le cortisol — contrairement au sport excessif évoqué plus tôt
  • Le soutien émotionnel : thérapie, groupes de parole, accompagnement psychologique — peuvent également aider à mieux vivre les difficultés de conception.

Si le stress lié au projet bébé devient envahissant, consulter un psychologue ou un thérapeute spécialisé en périnatalité est un vrai plus et peut faire la différence.

Comment préparer son corps à la grossesse : le protocole préconception

Préparer son corps avant de concevoir pourrait faire gagner du temps. En effet, la qualité des gamètes, l’équilibre hormonal et l’état nutritionnel au moment de la conception jouent un rôle déterminant sur la fertilité. Mais cela est aussi positif sur le bon déroulement de la grossesse à venir. L’approche naturopathique prend tout son sens dans ce contexte.

➤ Pourquoi commencer 3 mois avant ? La maturation ovocytaire expliquée

Trois mois, c’est le temps qu’il faut à un follicule pour arriver à maturité complète et libérer un ovocyte. Cela s’appelle la folliculogenèse.

Pendant ces trois mois, l’ovocyte est particulièrement sensible à son environnement : alimentation, micronutriments, stress oxydatif, perturbateurs endocriniens… Pour le dire autrement, tout ce que tu manges, respires et ressens peut influencer sa qualité. C’est pourquoi commencer à préparer son corps trois mois avant de concevoir — et non la semaine où tu arrêtes la contraception — peut jouer un rôle.

Il en va de même pour l’homme. La spermatogenèse, c’est-à-dire la production de nouveaux spermatozoïdes, dure environ 70 à 75 jours. Trois mois de changements dans l’hygiène de vie et la micronutrition peuvent donc améliorer significativement la qualité du sperme au moment de la conception.

Illustration humoristique en noir et blanc d'une femme déterminée présentant un plan de préparation à la conception devant un tableau rempli de flèches, face à son conjoint surpris assis sur le canapé

➤ Ce que le futur père doit faire également

Le futur père a lui aussi tout intérêt à préparer son corps trois mois avant la conception pour améliorer la qualité de ses spermatozoïdes et l’intégrité de son ADN spermatique.

Concrètement, cela passe par les mêmes grands principes : alimentation équilibrée et anti-inflammatoire, micronutrition adaptée, réduction de l’exposition aux perturbateurs endocriniens, gestion du stress, arrêt du tabac et de l’alcool, activité physique modérée et sommeil suffisant.

D’autant plus qu’on ignore souvent que la qualité de l’ADN spermatique joue un rôle non seulement dans la conception, mais aussi dans le risque de fausse couche. C’est un sujet que j’aborde en détail dans cet article : Quand la fausse couche vient du père.

➤ Le bilan préconception en naturopathie

Le bilan préconception en naturopathie ne correspond pas à un bilan médical — il ne remplace pas les examens prescrits par ton médecin. Son objectif est différent : identifier les déséquilibres fonctionnels, les carences nutritionnelles et les habitudes de vie qui pourraient nuire à ta fertilité ou compliquer ta grossesse.

Il s’appuie sur un entretien approfondi :

  • l’analyse de ton cycle menstruel et de tes signes de fertilité
  • l’évaluation de ton alimentation et de tes éventuelles carences
  • un tour d’horizon de ton mode de vie (stress, sommeil, sport, expositions aux toxiques…)
  • et si tu en as, la lecture de tes bilans biologiques existants

À partir de là, un protocole personnalisé est mis en place : ajustements alimentaires, complémentation ciblée, gestion du stress, réduction des toxiques environnementaux…

Idéalement, ce bilan se fait trois mois avant le début des essais — ou dès maintenant si tu essaies déjà. Si tu souhaites être accompagnée, tu peux me contacter directement pour un premier rendez-vous.

Quels examens faire et à partir de quand ?

Un bilan de fertilité peut être nécessaire après quelques mois d’essais. Savoir quels examens demander et à quel moment du parcours peut éviter des mois d’errance médicale et avancer sereinement dans ta démarche de fertilité naturelle. Voici les examens de base à connaître pour toi et ton partenaire.

➤ Les examens de base pour la femme

Ces examens sont généralement prescrits par un gynécologue, un médecin généraliste ou une sage-femme. En théorie, tu peux les demander dès que tu te poses des questions sur ta fertilité. En pratique, on te les accorde surtout après un an d’essais infructueux.

Les examens hormonaux de base :

  • FSH et LH : évaluent la qualité de la réponse ovarienne et détectent un éventuel déséquilibre hormonal (à mesurer entre J2 et J5 du cycle).
  • Estradiol : interprété conjointement avec la FSH pour évaluer la réserve ovarienne (à faire aussi entre J2 et J5).
  • AMH (hormone anti-müllérienne) : donne une indication sur la réserve ovarienne. Peut être dosée à n’importe quel moment du cycle
  • TSH : évalue la fonction thyroïdienne, souvent insuffisamment surveillée dans un bilan de fertilité standard
  • Prolactine : un taux élevé peut inhiber l’ovulation

Il existe de nombreux autres examens complémentaires comme la vérification de la perméabilité des trompes utérines (l’hystérosalpingographie), la résistance à l’insuline ou encore le bilan infectieux. Ton médecin saura la plupart du temps te guider pour savoir lesquels sont nécessaires ou non. Cela dit, certains sont parfois ignorés alors qu’ils pourraient apporter des réponses importantes. C’est par exemple le cas avec une carence en fer ou en vitamine D. C’est aussi intéressant de mesurer l’homocystéine qui peut refléter la mutation du gène MTHFR, très présente dans la population et qui influence la fertilité.

➤ Les examens de base pour l'homme

Le bilan masculin est souvent demandé en deuxième intention, après les examens féminins. C’est une erreur : il devrait être réalisé en parallèle, dès le début des investigations. Il est moins invasif, moins coûteux et peut apporter des réponses très rapidement.

L’examen de référence est le spermogramme. Il évalue trois critères principaux :

  • la concentration : le nombre de spermatozoïdes par millilitre
  • la mobilité : leur capacité à se déplacer efficacement
  • la morphologie : leur forme, selon les critères de Kruger ou David

Il peut être complété par :

  • un spermocytogramme : analyse plus détaillée de la morphologie
  • un test de fragmentation de l’ADN spermatique : non systématique mais très utile en cas de fausses couches à répétition ou d’échecs inexpliqués
  • un bilan hormonal : testostérone, FSH, LH, prolactine — en cas d’anomalie au spermogramme
  • un bilan infectieux : recherche de chlamydia et autres infections des voies séminales

De la même façon que pour la femme, on peut rechercher la mutation du gène MTHFR chez l’homme aussi, surtout en cas de fausse couche à répétition.

➤ A partir de quand faut il demander ces examens ?

La recommandation médicale officielle est la suivante : consulter après un an d’essais infructueux avant 35 ans, et dès 6 mois sans succès après 35 ans. Ce délai est basé sur les données statistiques de conception naturelle que nous avons vues plus tôt.

Cela dit, certaines situations justifient de ne pas attendre :

  • tu as des cycles irréguliers ou absents
  • tu as déjà été diagnostiquée avec un SOPK, une endométriose ou une pathologie thyroïdienne
  • tu as fait une ou plusieurs fausses couches
  • tu as plus de 38 ans
  • ton partenaire a déjà eu un spermogramme anormal
  • vous avez tous les deux une exposition importante aux perturbateurs endocriniens

Dans ces cas, demande un bilan dès le début des essais, sans attendre. Tu peux aussi parfois le demander plus tôt, si tu pratiques la symptothermie en ciblant les rapports dans ta période fertile. D’après l’étude de Gnoth et al. publiée dans Human Reproduction en 2003, au bout de 6 cycles avec des rapports ciblés à la bonne fréquence, 80% des couples arrivent à concevoir. Si après 6 cycles, tu n’es toujours pas enceinte, faire un bilan de fertilité se justifie. Plus tôt les éventuels problèmes sont identifiés, plus tôt ils peuvent être pris en charge — que ce soit médicalement ou via un accompagnement naturopathique.

Si tu te demandes s’il existe des alternatives à l’AMP avant d’envisager cette voie, j’ai consacré un article complet à cette question : alternatives à l’AMP

Quand consulter un professionnel de santé ?

Les critères médicaux officiels (un an d’essais, six mois après 35 ans) ne sont pas les seuls repères pour décider de consulter. Certains signaux — que tu peux toi-même observer grâce à la symptothermie ou qui relèvent d’une approche naturopathique — méritent d’anticiper cette démarche, sans attendre.

➤ Les autres signaux d'alerte à ne pas ignorer

Certains signes doivent te conduire à consulter plus rapidement, sans attendre la fin du délai d’un an :

  • des douleurs pelviennes chroniques, notamment pendant les règles ou les rapports sexuels — pouvant évoquer une endométriose
  • des règles très abondantes ou au contraire très peu abondantes
  • une absence de glaire cervicale observable sur plusieurs cycles
  • une courbe de température qui ne montre pas de décalage thermique — signe possible d’anovulation
  • un plateau haut de température inférieur à 10 jours — indice possible d’un manque de progestérone

Chez l’homme, des douleurs testiculaires, une varicocèle connue ou des antécédents d’infections urogénitales sont également des signaux à ne pas ignorer.

➤ La naturopathie en complément du parcours médical ou PMA

La naturopathie n’est pas une alternative à la médecine. Elle est une approche complémentaire qui peut soutenir ta fertilité à chaque étape de ton parcours. Elle est adaptée aussi bien si tu en es aux premiers essais, si tu suis un traitement médical, ou si tu es déjà engagée dans un parcours PMA.

Concrètement, la naturopathie peut t’aider à :

  • préparer ton terrain avant une stimulation ovarienne ou un transfert d’embryon
  • optimiser la qualité ovocytaire et spermatique en amont
  • soutenir ton équilibre émotionnel pendant un parcours parfois long et éprouvant
  • mieux vivre les effets secondaires des traitements hormonaux
  • comprendre ce qui se passe dans ton corps et reprendre confiance

Un parcours PMA ne s’oppose pas à une approche naturopathique — les deux peuvent avancer ensemble, en bonne intelligence avec ton équipe médicale.

Et si tu ne veux pas passer par un parcours médical assisté, il est aussi possible, dans certains cas, d’optimiser ses chances de conception 100% naturellement grâce à la symptothermie. C’est l’outil que je propose pour les couples qui ne souhaitent pas de PMA.

Si tu souhaites être accompagnée dans ton projet de conception, je serais ravie d’échanger avec toi.

FAQ — Tes questions sur la fertilité naturelle

Peut-on tomber enceinte avec des cycles irréguliers ?

Oui, c’est possible, mais cela demande de mieux connaître son cycle. Des cycles irréguliers signifient souvent que l’ovulation est imprévisible — pas forcément absente. L’enjeu est donc de repérer cette ovulation quand elle survient, plutôt que de s’appuyer sur une date théorique. La symptothermie est particulièrement adaptée dans ce cas, car elle repose sur l’observation de tes signes de fertilité réels et non sur un calcul calendaire.

Le moyen le plus fiable est d’observer deux signes simultanés : la glaire cervicale (transparente et filante) en phase pré-ovulatoire, et la remontée de la température basale après l’ovulation. C’est exactement ce que permet la symptothermie. Un test d’ovulation positif indique un pic de LH mais ne confirme pas toujours l’ovulation effective — c’est la montée de température qui la confirme. Si tu n’observes jamais de décalage thermique sur ta courbe, c’est un signal à investiguer avec un professionnel de santé.

Il n’y a pas de délai obligatoire. La fertilité peut revenir dès le premier cycle après l’arrêt. En pratique, certaines femmes ont besoin de quelques mois pour que leurs cycles se régularisent — surtout après une longue prise de contraceptifs hormonaux. Ce délai est souvent lié à la reconstitution des stocks de certains micronutriments, notamment la vitamine B9, le zinc et le magnésium, que la pilule tend à épuiser. C’est l’une des raisons pour lesquelles une préparation préconception de trois mois est particulièrement utile après un arrêt de contraception hormonale.

Certains signes méritent une attention particulière : des cycles très irréguliers ou absents, une courbe de température sans décalage thermique, des douleurs pelviennes chroniques, des règles très abondantes, douloureuses ou de nombreux spottings, ou encore une phase lutéale inférieure à 10 jours. Chez l’homme, comme chez la femme, un antécédent d’infection génitale est également à prendre très au sérieux. Enfin, côté masculin, des douleurs testiculaires sont également des signaux à ne pas ignorer. Ces signes ne signifient pas forcément qu’il y a un problème grave — mais ils justifient de consulter sans attendre un an.

Oui, et de façon significative. Ce que tu manges influence directement la qualité ovocytaire, l’équilibre hormonal, l’inflammation chronique et la qualité du sperme. Une alimentation riche en antioxydants, et en micronutriments essentiels soutient la maturation des gamètes et réduit le stress oxydatif. À l’inverse, une alimentation ultra-transformée et pro-inflammatoire dégrade la qualité des gamètes des deux partenaires. C’est l’un des premiers leviers sur lesquels agir, et l’un des plus accessibles.

Oui, et c’est très fréquent. Les anomalies du sperme — concentration insuffisante, mobilité réduite, fragmentation de l’ADN spermatique — sont totalement asymptomatiques. Un homme peut se sentir en parfaite santé et avoir un spermogramme très altéré. C’est pourquoi le bilan masculin devrait être réalisé en parallèle du bilan féminin, dès le début des investigations — et non en dernier recours. Rappelons que les facteurs masculins sont impliqués dans environ 40 à 50 % des difficultés à concevoir.

Sources scientifiques et à propos de l’auteure

Cet article est proposé à des fins éducatives et informatives et vise à vulgariser les connaissances scientifiques actuelles sur la fertilité naturelle.

Il s’appuie sur la littérature scientifique disponible ainsi que sur mon expérience de terrain dans le cadre de mon activité de naturopathe spécialisée en santé féminine, fertilité naturelle et symptothermie.

L’objectif est de présenter de manière claire le fonctionnement de la fertilité, les facteurs qui l’influencent et les leviers naturels pour l’optimiser afin d’aider les personnes à faire des choix éclairés dans leur parcours de conception.

Cet article ne remplace en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou un traitement. En cas de doute ou de symptômes inhabituels, il est recommandé de consulter un·e professionnel·le de santé.

Sources consultées (sélection non exhaustive)

Probabilité de conception par cycle et délai moyen pour concevoir NIH / StatPearls — Female Infertility (NCBI, 2024) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK556033/

Baisse de la fertilité masculine en fonction de l’âge Sharma R. et al. — Effects of increased paternal age on sperm quality, reproductive outcome and associated epigenetic risks to offspring. Reproductive Biology and Endocrinology, 2015. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6993171/

Facteurs masculins impliqués dans 40 à 50% des difficultés à concevoir Cito G. et al. — Trends of male factor infertility, an important cause of infertility: A review of literature. Journal of Human Reproductive Sciences, 2015. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4691969/

Prévalence de l’endométriose OMS — Endometriosis Fact Sheet, 2023. https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/endometriosis

Délai de diagnostic de l’endométriose Breton Z. et al. — Endometriosis Diagnostic Delay and Its Correlates: Results from the ComPaRe-Endometriosis Cohort. Journal of Women’s Health, 2025. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40999898/

Durée de la spermatogenèse Amann R.P. — The cycle of the seminiferous epithelium in humans. Journal of Andrology, 2008. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.2164/jandrol.107.004655

Fragmentation de l’ADN spermatique et fausses couches à répétition Tan J. et al. — Sperm DNA fragmentation and recurrent pregnancy loss: a systematic review and meta-analysis. Fertility and Sterility, 2019. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31056315/

Fréquence des rapports et chances de conception — cycles ciblés avec symptothermie Gnoth C. et al. — Time to pregnancy: results of the German prospective study and impact on the management of infertility. Human Reproduction, Vol.18, No.9, pp. 1959-1966, 2003.

Maca et fertilité masculine Gonzales G.F. et al. — Lepidium meyenii (Maca) improved semen parameters in adult men. Asian Journal of Andrology, 2001. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4569766/

Yoga et réduction du stress chez les femmes infertiles Ozel Yildiz S. et al. — The effect of yoga on stress level in infertile women. Human Fertility, 2019. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30657179/

Programme de pleine conscience et réduction du stress chez les femmes infertiles Galhardo A. et al. — Mindfulness-based program for stress reduction in infertile women: Randomized controlled trial. Stress and Health, 2018. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30328241/

Méditation, pleine conscience et fausses couches à répétition Kolte A.M. et al. — Meditation and mindfulness reduce perceived stress in women with recurrent pregnancy loss: a randomized controlled trial. Human Reproduction, 2021. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34112605/

Auteure

Sarah Mathieu — Naturopathe spécialisée en santé féminine, fertilité naturelle et symptothermie, avec plus de 15 ans d’expérience dans l’accompagnement du cycle menstruel et l’apprentissage des méthodes d’observation de la fertilité.

Pour rappel, le plagiat est illicite et des contrôles sont faits régulièrement sur ces articles afin que la propriété intellectuelle de l’auteure soit respectée.

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