contraception naturelle

Les 3 contraceptions naturelles et fiables

Depuis “la crise pilule”, les contraceptions hormonales ne cessent d’avoir mauvaise presse. La population a pris conscience de ses dangers potentiels comme les risques de thrombo-embolie, de cancer du sein ou encore de cancer du col de l’utérus. A cela s’ajoute des nombreux effets indésirables (maux de tête, perte de libido, prise de poids, maux de ventre etc.) et la plupart des femmes ne souhaitent désormais plus s’y soumettre.
Seulement, quelles autres alternatives existe-t-il ? Car c’est bien beau d’arrêter la pilule, mais se retrouver sans solution n’est pas envisageable. Bien sûr, parmi les contraceptions conventionnelles, il existe toujours le stérilet au cuivre (DIU). Cela reste une excellente alternative, mais que faire lorsque l’on veut quelque chose de complètement naturel ou lorsque le DIU ne convient pas non plus ?



Des solutions parmi les contraceptions naturelles



Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il y a un large choix de contraceptions alternatives et naturelles (spermicides à base d’huiles essentielles, retrait, Clear Blue, la méthode des deux jours, la méthode du calendrier (Ogino-Knaus), la méthode des jours fixes etc.). J’en ai compté plus d’une quinzaine. Seulement toutes ne se valent pas et de loin. Certaines ne sont clairement pas assez efficaces pour convenir aux couples occidentaux, habitués à une quasi infaillibilité de leur contraception. Il faut donc faire le tri et ne pas se lancer sans avoir analysé un minimum l’efficacité de la méthode en question. Celles, qui attestent une bonne fiabilité, sont basées sur l’évitement des rapports sexuels pendant la période à risque de grossesse du cycle menstruel. Car oui, il est important de comprendre que la femme n’est pas fertile en permanence (contrairement à l’homme). Il n’y a en réalité qu’une semaine par cycle où elle peut réellement tomber enceinte. Ainsi, on retrouve différentes méthodes de contraception, au sein des alternatives naturelles, qui proposent de repérer au plus près cette période fertile. Le couple doit ensuite éviter les rapports sexuels pendant ce moment, ou de se protéger avec une méthode barrière tel que le préservatif masculin, le préservatif féminin ou encore le diaphragme.
En voici 3 sur lesquelles vous pouvez raisonnablement compter du point de vue de leur efficacité, présentées ici par ordre croissant de fiabilité.



La MOB ou la méthode d’ovulation Billings



Il ne s’agit donc pas de celle avec la meilleure fiabilité, mais elle reste tout de même intéressante. En effet, son indice de pearl (indice utilisé pour mesurer le taux d’échec d’une contraception) est de 1 à 3%. Autrement dit, sur 100 femmes, après un an d’utilisation de la méthode, une à trois tombent enceinte malgré une utilisation correcte de la contraception. Cette fiabilité est légèrement supérieure à celle du préservatif masculin.
La MOB est basée sur l’observation de la glaire cervicale, un des marqueurs de la fertilité féminine. Cette sécrétion est produite naturellement par le col de l’utérus et permet la survie des spermatozoïdes pendant plusieurs jours. Ce fluide est donc fabriqué pendant la période féconde du cycle menstruel, qui dure en moyenne une dizaine de jour. La femme doit donc apprendre à repérer ce marqueur de fertilité et suivre des règles précises propres à la MOB, pour éviter de tomber enceinte. Elle notera ces informations dans un tableau afin de savoir où elle se trouve dans son cycle. Cela demande une certaine rigueur et une attention particulière à son corps, surtout au début. Mais avec de la pratique, ce signe devient facile à repérer et à interpréter.
Notons toutefois qu’il faut un véritable apprentissage pour qu’elle soit efficace. De ce fait, son indice de pearl dans son emploi typique (c’est-à-dire, lorsqu’on inclut les erreurs d’utilisation) est très élevé. Il est donc particulièrement important de se former rigoureusement si l’on souhaite garder une bonne efficacité.
Ajoutons à cela que cette contraception a été développée par et pour les catholiques. En général, les formateurs de la MOB ne prôneront donc pas le préservatif masculin pendant la période féconde. Par ailleurs, l’efficacité de la méthode n’a pas été mesurée avec l’utilisation d’une méthode barrière durant cette phase du cycle. Il est alors difficile de connaître sa fiabilité dans ces conditions. Dans tous les cas, si vous faites le choix de cette contraception, sans faire l’abstinence périodique, il est primordial d’être au point avec sa méthode barrière. Même si vous pensez savoir bien utiliser un préservatif ou un diaphragme, assurez vous auprès d’une sage-femme, d’un gynécologue ou auprès d’un centre de planning familial que vous le faite réellement correctement. Par exemple un préservatif masculin se met dès le début du rapport et non en cours de route, on ne peut pas ajouter n’importe quel lubrifiant avec ou encore parfois les hommes connaissent mal leur taille et un préservatif trop grand comme trop petit peut conduire plus facilement à une rupture de ce dernier.
Il est clair que si la méthode barrière échoue en pleine période fertile, vous avez de forte chance de tomber enceinte, d’où la nécessité d’être sûre de son utilisation adéquate.
L’avantage de la MOB est qu’elle est gratuite et ne nécessite pas de matériel (excepté le tableau).



Les méthodes calculo-thermiques (ou MCT)



Comme son nom l’indique, ce sont des méthodes qui combinent un calcul de la période supposée fertile de la femme et de sa température, un autre marqueur de fertilité féminine. En effet autour de l’ovulation, la température monte de quelques dixièmes de degré et se maintient en plateau haut jusqu’aux prochaines règles. Ainsi un décalage de température (hors fièvre bien entendu ou autres éléments susceptibles de perturber la température basale de la femme) confirmera une ovulation. La femme n’ovulant qu’à un moment précis de son cycle, d’autres ovulations ne seront possible en dehors de cette période. Les MCT associent donc un calcul théorique en fonction des montées de température et de la durée des cycles précédents. Si l’on résume, ce sont des sortes de méthode Ogino améliorées.

Mais comment concrètement s’utilisent elles ?

La femme doit simplement prendre sa température le matin au réveil avec un appareil. Il existe notamment le Laydy-Comp, le Cyclotest ou encore le Daysy. On peut aussi utiliser un thermomètre basal associé à une application, comme Natural Cycles ou Cyclotest mySense. La température est le plus souvent prise oralement, mais il est possible de la prendre en vaginal ou en rectal. Les prises axillaires, par voie tympanique ou frontale, ne peuvent être utilisées. L’appareil, ou l’application, vous indiquera ensuite vos périodes infertiles et celle féconde.
Petit bémol, ces appareils, ou ces applications, ont un coût plutôt élevé : 475€ pour le Lady-Comp, 300€ pour le Cyclotest et le Daysy, 9€ par mois pour l’application Natural Cycles.
Concernant la fiabilité de ces méthodes, seul Natural Cycles peut la garantir. En effet, il faut de gros moyens pour réaliser une étude d’efficacité et les autres MCT n’ont pas ces ressources. Ainsi Natural Cycles a un indice de pearl de 1%. Les autres appareils ont parfois été étudiés en interne. C’est le cas du Lady-Comp qui indique 99,3% de précision pour détecter les jours fertiles, mais qui ne peut pas officiellement parler d’efficacité contraceptive. Le Daysy, quant à lui, a également été étudié et a été publié dans le journal Reproductive Health, mais en a été par la suite retiré. En effet, l’analyse n’avait pas été faite de manière suffisamment rigoureuse pour en conclure sur son efficacité réelle. Pour cette raison, je dirai que c’est le moins recommandable parmi les MCT.
On peut seulement supposer une fiabilité similaire des autres appareils à Natural Cycles car bien qu’il s’agisse des “mêmes” méthodes de contraception, leur algorithme reste secret et ne peuvent être comparé.
Si vous souhaitez avoir des rapports sexuels pendant la phase fertile, il faudra bien entendu vous assurer de la bonne utilisation de votre méthode barrière, tout comme pour la MOB.
L’avantage des ces dernières est leur simplicité d’utilisation. Vous n’avez qu’à prendre votre température le matin, l’outils ou l’appli fera le reste pour vous.



Les méthodes symptothermiques



Elles sont un mélange des deux contraceptions précédentes. La femme n’observe plus un, mais deux, voir trois signes de fertilité : le fluide cervical, la température et parfois en plus le col de l’utérus.
Le col évolue aussi au cours du cycle menstruel. Il remonte, devient plus mou et s’entre-ouvre à l’approche de l’ovulation. Avec un peu de pratique, les femmes arrivent à repérer ces changements en effectuant une autopalpation de leur col. Ce dernier signe de fertilité n’est pas obligatoire pour faire de la symptothermie et n’augmente pas sa fiabilité.
Comme pour la MOB, la femme devra noter ses signes dans un tableau (ou une appli) et interpréter ces différents symptômes de fécondité, selon des règles précises.
Du fait qu’il y ait un double, voir triple, contrôle pour déterminer la période fertile, cela lui confère une très grande précision et donc la plus haute fiabilité parmi les contraceptions naturelles. De la même manière que les MCT, toutes les écoles symptothermiques n’ont pu réaliser une étude de fiabilité. Seules la symptothermie autrichienne de Rötzer (le fondateur de la symptothermie) et la symptothermie allemande (la méthode Sensiplan) l’ont faite. Rötzer annonce un indice de pearl de 0,8% et Sensiplan de 0,4% dans leur utilisation parfaite. Ce qui est intéressant dans les études de Sensiplan, c’est qu’elles montrent aussi l’efficacité lorsque le couple utilise le préservatif masculin pendant la période fertile. L’indice de pearl augmente légèrement (0.6%) mais n’est pas significativement plus élevé, pour décourager les couples à avoir des relations sexuelles protégées en période fertile.
Il faut noter tout de même, que comme pour la MOB, elles demandent un apprentissage. Ces chiffres ne correspondent donc pas à des femmes en autodidacte. Ce sont des femmes informées, qui ont suivi un protocole strict et rigoureux, pour apprendre correctement la méthode. En revanche, une fois apprise, cette contraception est facile à utiliser. Un peu comme lorsqu’on apprend à conduire, cela demande un effort dans les premiers temps, mais après un peu de pratique, c’est presque automatique.
Suivant les écoles symptothermiques, on peut retrouver aussi une empreinte catholique. La raison en est qu’elles ont été développées par cette communauté mais il existe également des symptothermies laïques.
Leurs avantages sont leur haute fiabilité, comparable à celle de la pilule et leur coût faible (un simple thermomètre basal suffit).

Laquelle choisir ?

Afin de faire le choix qui vous correspond, il faut être au clair sur le point le plus important pour vous dans votre contraception. Si c’est la fiabilité, ça sera plutôt les méthodes symptothermiques, si c’est la simplicité les MCT, son coût, la MOB ou les symptothermies. Si vous préférez maîtriser votre fertilité plutôt que de la contrôler, si vous êtes curieuses de votre corps, alors la MOB et les méthodes symptothermiques vous correspondront davantage. Si vous êtes plutôt gadget, les MCT seront plus adaptées.
Il faut aussi veiller à être éligible à l’utilisation de la méthode. Par exemple, si vous avez des cycles très irréguliers les MCT ne conviendront pas, si vous allaitez ou que vous êtes en péri-ménopause non plus. En revanche, les méthodes symptothermiques et la MOB s’adaptent aux variations de cycle.

Pour conclure, je dirai que la contraception parfaite n’existe pas. Chaque femme et chaque homme doit considérer les questions d’efficacité, d’innocuité, de coût et de facilité pour choisir la contraception qui leur convient. Cela demande de s’informer (et parfois même de se former) et de tester. C’est une étape à considérer si l’on souhaite se sentir à l’aise avec sa contraception. Et pour vous, quelle est votre contraception idéale ?

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