Santé du cycle menstruel

Comment limiter l’hyperoestrogénie dans son alimentation ?

Qu’appelle-t-on hyperoestrogénie ?

L’hyperoestrogénie est, comme son nom l’indique, une sécrétion trop importante d’œstrogènes, entraînant leur excès dans l’organisme. Elle peut être réelle ou relative. 

Lorsqu’elle est réelle, ça signifie qu’on en produit trop, ou qu’on n’arrive pas à les éliminer correctement. 

Lorsqu’elle est relative, c’est qu’il manque avant tout de la progestérone au cours du cycle. La progestérone intervient en deuxième partie du cycle menstruel, après avoir ovulé. A ce moment du cycle, on est censé sécréter majoritairement de la progestérone mais on produit encore des œstrogènes. Si la progestérone fait défaut, les œstrogènes vont alors dominer, même si on en sécrète en quantité normale et c’est ainsi qu’on se retrouvera en hyperoestrogénie relative. 

A noter qu’on peut aussi avoir les deux à la fois : un excès d’oestrogènes et un manque de progestérone associé. 

Pourquoi l’hyperoestrogénie est un problème ?

L’hyperoestrogénie est le déséquilibre le plus fréquent dans le cycle menstruel. Y compris après 40 ans alors que les œstrogènes sont censés décroître ! Il s’agit dans ce dernier cas plutôt d’hyperoestrogénie relative car la progestérone diminue elle aussi et parfois plus rapidement que les œstrogènes. 

Cet excès d’œstrogènes est problématique car il est responsable de nombreux troubles : règles abondantes et douloureuses, maux de tête avant les règles, douleurs aux seins, rétention d’eau, sautes d’humeur avant les règles etc. En gros, il amène au SPM (voir cet article pour en savoir plus). Mais dans certains cas, l’hyperoestrogénie peut conduire à des fibromes utérins, des kystes aux ovaires ou encore à des cancers du sein. Bien sûr, l’hyperoestrogénie n’est pas responsable à elle seule du déclenchement de ces pathologies. Elle l’explique en partie et peut les aggraver si rien n’est fait pour réduire les œstrogènes. 

Limiter la production des œstrogènes dans l’alimentation

La bonne nouvelle, c’est que chacune peut agir pour réduire l’hyperoestrogénie, notamment à travers son alimentation. Il existe 2 catégories d’aliment qui peuvent faire grimper vos œstrogènes : ceux qui contiennent des phytoestrogènes et ceux qui activent l’aromatase. 

Les phytoestrogènes

Il existe quelques sources dans l’alimentation, mais elles ne sont pas très abondantes. Vous avez sûrement tous en tête le soja et vous avez raison, il en fait bien partie. On trouve des phytoestrogènes aussi dans la bière et la sauge (et plein d’autres plantes mais on ne les utilise pas forcément dans l’alimentation). La bière contient du houblon, une plante fortement oestrogénique, et de l’alcool, qui pose aussi problème au niveau oestrogénique (voir la partie sur l’aromatase). D’autres aliments contiennent des phytoestrogènes mais en quantité moindre : les légumineuses, le vin rouge, les oignons, les pommes… 

Une consommation occasionnelle ou modérée ne pose pas forcément problème. Certains défendent même un effet protecteur des phytoestrogènes. En effet, ils s’installent sur les récepteurs aux œstrogènes et empêchent d’autres xénoestrogènes plus nocifs de s’y mettre. Cela dit, les études sur le sujet ne tranchent pas toutes dans la même direction. C’est pour ça que je recommande une consommation modérée. 

Quand l’aromatase est trop active

De quoi s'agit-il ?

Tout d’abord, quel est le lien entre l’aromatase et les œstrogènes ?

L’aromatase est l’enzyme responsable de la production finale des œstrogènes. Nos hormones du cycle suivent toute une cascade de transformation. Au départ, fabriquées à base de cholestérol, elles sont transformées en progestérone puis en androgènes. Enfin, la plupart de ces androgènes est transformée en œstrogènes, grâce à l’aromatase. 

Seulement, si l’aromatase est tout le temps active, on finit par se retrouver en hyperoestrogénie.  

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Les aliments qui activent l’aromatase

Certains aliments peuvent favoriser l’action de l’aromatase (si consommer en excès bien sûr). C’est le cas avec les œufs, les viandes et la charcuterie. Ils contiennent de l’acide arachidonique, un précurseur de l’inflammation et activateur de l’aromatase.

Les aliments sucrés ou plus généralement avec un index glycémique élevé, induisent une sécrétion de l’insuline, une hormone qui permet de faire rentrer le sucre dans les cellules. Or celle-ci active également l’aromatase.  

Les repas industriels agissent aussi dans ce sens. Ils sont pauvres en micronutriment, dont le zinc or ce dernier inhibe l’aromatase. 

Enfin, l’alcool et la caféine activent aussi l’aromatase. Pour la caféine, il y a cependant des résultats contradictoires, selon la provenance de caféine (soda, café, thé…) et l’origine ethnique de la personne. Toutefois, la consommation de soda caféiné et de thé vert (plus d’une tasse par jour) augmentent les taux d’œstrogènes qu’on soit noire, blanche ou asiatique. 

Les aliments qui freinent les œstrogènes

Certains aliments permettent d’aider à mieux éliminer les œstrogènes. C’est le cas pour les aliments riches en zinc mais aussi en fibres. Les fibres facilitent la détoxification des œstrogènes dans l’intestin et évitent qu’ils soient réabsorbés dans l’organisme. Les choux et notamment le brocoli sont particulièrement intéressants car ils contiennent en plus de l’indole 3 carbinol. Cette substance diminue l’activité des œstrogènes car il agit comme un inhibiteur sur ces hormones.

Les autres facteurs qui provoquent une hyperoestrogénie

Même avec une alimentation exemplaire, on peut tout de même se trouver en hyperoestrogénie. De nombreux perturbateurs endocriniens que l’on trouve dans le plastique, les produits cosmétiques ou encore les pesticides miment l’action des œstrogènes. De l’autre côté, l’inflammation chronique semble aussi jouer en faveur de l’hyperoestrogénie (voir cet article pour plus d’info). Si les organes du foie et de l’intestin ne fonctionnent pas de façon optimale, ils ne parviennent pas à éliminer correctement les œstrogènes et ces derniers restent alors dans l’organisme. Ils finissent par s’accumuler et conduisent ainsi à une hyperoestrogénie. Enfin, il y a encore l’hyperoestrogénie relative, due à un manque de production de progestérone.

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