Les émotions du syndrome prémenstruel
Santé du cycle menstruel

Quel type de syndrome prémenstruel avez-vous ?

Qu’est-ce que le syndrome prémenstruel ?



Le syndrome prémenstruel est un ensemble de manifestations désagréables voir invalidantes qui surviennent de quelques jours à une quinzaine de jours avant les règles. Les symptômes sont très variés, de ce fait, il existe de nombreux syndromes prémenstruels différents. L’ensemble de ces manifestations disparaît normalement à l’arrivée des règles. Parfois ils peuvent persister légèrement au moment des menstruations, mais cessent complètement une semaine après le début des règles. On estime que 3 femmes menstruées sur 4 ont connu ou connaissent encore un syndrome prémenstruel. 



Les différents symptômes du syndrome prémenstruel :

 

Il existe deux grandes catégories de manifestations du syndrome prémenstruel : Les modifications physiques et/ou psycho-émotionnelles.

Elles sont très diverses et nombreuses et, fort heureusement, aucune femme ne manifeste tous les symptômes à la fois.

Parmi les manifestations psycho-émotionnelles, on trouve : la dépression, les accès de colère, l’irritabilité, la tristesse, l’anxiété, la confusion, le retrait social, la difficulté de concentration, l’insomnie, et enfin la baisse de libido.

Pour les symptômes physiques il y a  : les modifications d’appétit (le plus souvent les fringales mais parfois il s’agit d’une diminution de l’appétit), la sensibilité voir douleur des seins, les troubles du transite (ballonnements, constipation, diarrhée, hémorroïdes…), la prise de poids, les maux de tête, les gonflements des mains et/ou des pieds, la fatigue, les problèmes de peau (acné le plus souvent), les douleurs articulaires, les maux de dos et enfin l’intolérance à l’alcool.  

Bref, que de choses agréables !

Une femme peut avoir qu’un seul type de symptômes, tout comme plusieurs de chaque catégorie.

 Il est fréquent que les fragilités ou sensibilités du corps ou du psychisme, soit grandement amplifiées par le syndrome prémenstruel. Par exemple, si la personne a tendance à avoir facilement des ballonnements, ces derniers seront largement augmentés avant les règles. Même chose pour les symptômes psycho-émotionnels. Une personne qui a un historique de dépression, sera plus susceptible de se sentir déprimée avant ses menstruations. 

calandrier du syndrome prémenstruel



Quels rôles jouent les hormones dans le syndrome prémenstruel ?

 

La science n’explique pas encore vraiment ce qui cause le syndrome prémenstruel, mais il est plutôt évident que c’est lié aux fluctuations hormonales qui ont naturellement lieu au cours du cycle. Autrement, il n’y aurait pas tous ces symptômes avant les règles et ils ne disparaîtraient pas pendant la grossesse et la ménopause. Mais comment les hormones peuvent provoquer des symptômes aussi variés ? 

Revenons un instant sur le déroulement du cycle hormonal. La première partie du cycle, appelée phase folliculaire, est sous la dominance des hormones œstrogènes. C’est le moment où le corps prépare l’ovulation. Les œstrogènes apportent différents changements dans l’organisme, ils stimulent notamment la production de sérotonine1. Or, la sérotonine est un neurotransmetteur. Autrement dit, c’est un messager qui calme notre système nerveux, apporte la confiance en soi, la patience, stabilise nos humeurs etc. Si la femme n’a pas suffisamment d’œstrogènes, il est facile de comprendre le problème. Mais, si à l’inverse, elle en a trop ? Que se passe-t-il ? Aura-t-elle encore plus de patience et de confiance ? Malheureusement, non, car le plus important c’est d’en avoir juste ce qu’il faut. Trop d’œstrogènes sur-stimule l’organisme, et peut créer de l’irritabilité, des sautes d’humeur et des accès de colère. Cela explique les symptômes d’ordre psycho-émotionnels. Un excès d’œstrogènes apporte également des changements physiques et parmi les symptômes les plus courants, on trouve les maux de tête, la rétention d’eau et les douleurs ou sensibilité aux seins.

Pour un manque d’œstrogènes, il y aura davantage de sécheresse des muqueuses (vaginale, buccale…), de la peau et des yeux et une baisse de la libido etc. 

Après l’ovulation, on entre dans la deuxième partie du cycle, la phase lutéale, où cette fois-ci la progestérone domine. Tout comme les œstrogènes, la progestérone apporte de nombreux changements physiques. Elle apporte notamment un effet anti-inflammatoire sur l’organisme.  Elle est en plus “anti-aldostérone”, contrairement aux œstrogènes qui stimulent sa sécrétion. Or, trop d’aldostérone induit l’apparition d’œdème2 (comme la rétention d’eau). La progestérone stimule, également, la production de GABA. Il s’agit d’un autre type de neurotransmetteur qui permet la relaxation, favorise le sommeil et la mémorisation. Lorsqu’on manque de progestérone, des symptômes tels que la difficulté de concentration, l’anxiété, la confusion et l’insomnie peuvent apparaître. A l’inverse, lorsqu’on en produit trop, on aura entre autres des symptômes dépressifs et un repli sur soi3. Pour cette dernière, elle semble toutefois peu fréquente (pour un cycle naturel sans médicament) d’après mon expérience en cabinet. 

Si vous souhaitez en savoir plus sur le déroulement du cycle menstruel, lire cet article



Quel est le profil de votre syndrome prémenstruel ?

 

Comme nous avons pu le voir précédemment, même si on ne connaît pas précisément ce qui cause le syndrome prémenstruel, la fluctuation hormonale des œstrogènes et de la progestérone semble y participer. Il existe différents scénarios possibles entre ces deux hormones. Soit il y a trop d’œstrogènes et la progestérone est normale. On parlera alors d’hyperoestrogénie vraie. Soit les œstrogènes sont normaux et la progestérone manque et on parlera alors d’hyperoestrogénie relative. Ces déséquilibres hormonaux sont les plus fréquents. 

Il arrive parfois qu’il y ait trop de progestérone par rapport aux oestrogènes. On parlera alors d’hyperprogestéronémie vrai ou relative selon si cette asymétrie est due à un surplus de progestérone ou à un manque d’œstrogènes. Comme je l’ai dit précédemment, cette situation est plus rare pour un cycle menstruel naturel (sans traitement hormonal). 

Le Dr Guy Abraham, quant à lui, a classifié dans les années 80, le syndrome prémenstruel en 4 sous-groupes :

  • le syndrome prémenstruel de type A 
  • le syndrome prémenstruel de type H
  • le syndrome prémenstruel de type C
  • le syndrome prémenstruel de type D



Le syndrome prémenstruel de type A : A pour anxiété.

 Il s’agit, d’après lui, du syndrome prémenstruel le plus fréquent. Il regroupe les symptômes prémenstruels d’anxiété, d’irritabilité et globalement de tension nerveuse, pouvant être exprimés aussi bien envers soi-même que dans les relations sociales, voire plus largement face à la société elle-même. Les taux d’œstrogènes sanguins semblent plus élevés et sont associés à une progestérone plus faible. D’après les observations du Dr Guy Abraham, une supplémentation en vitamine B6 améliorerait ce dérèglement hormonal et les symptômes qui vont avec.  Il constate également une surconsommation de produits laitiers et de sucres pour ce sous-groupe, ce qui pourrait expliquer, d’après lui, la baisse de progestérone.  



Le syndrome prémenstruel de type H : H pour hydratation.

C’est le deuxième sous-groupe le plus courant pour le Dr Guy Abraham. Il rassemble les symptômes prémenstruels de rétention d’eau et de gonflement, de ballonnements abdominaux, de seins sensibles ou douloureux ainsi que de prise de poids. Il relève pour ce sous-groupe, des taux d’aldostérone élevés. Or, je le rappelle, ce sont les œstrogènes qui augmentent les sécrétions d’aldostérone. On est donc toujours dans le même type de déséquilibre hormonal. 

Il recommande également de la vitamine B6, ainsi que de la vitamine E pour les symptômes mammaires.



Le syndrome prémenstruel de type C : C pour “craving”.

Ce sous-groupe est un peu moins fréquent et se caractérise par des fringales, une augmentation de l’appétit ou des envies irrépressibles de sucre avant les règles. Des symptômes de fatigue, de palpitations, d’évanouissements, de maux de tête et parfois de tremblements peuvent être associés. Il préconise une complémentation en magnésium. Il décrit aussi une carence possible en prostaglandine PGE1. Ces dernières jouent un rôle positif sur la réponse inflammatoire et peuvent découler d’une carence en oméga 6.



Le syndrome prémenstruel de type D : D pour dépression.

Ce sous-groupe est le plus grave et heureusement, le plus rare. Il est associé aux symptômes dépressifs pouvant aller jusqu’au suicide mais aussi au repli social, l’insomnie, la perte de mémoire et la confusion. Il ressemble beaucoup au trouble dysphorique prémenstruel (voir plus bas dans l’article). D’après lui, il correspond aux femmes qui manquent d’œstrogènes et qui ont trop de progestérone. Il peut aussi être lié à un excès d’androgènes et à une intoxication au plomb.



Le syndrome prémenstruel physiologique

Il existe deux situations de vie où le syndrome prémenstruel est dit physiologique, c’est-à-dire normal. Il s’agit de la puberté et de la préménopause. A ces deux stades de la vie, le dérèglement hormonal est naturel. A l’adolescence, le cycle menstruel démarre, apprend à ovuler et a parfois ses ratés. La jeune fille peut avoir plusieurs cycles dit “anovulatoires”, ou plutôt, une très longue première partie de cycle, sous dominance des œstrogènes entre-coupé de saignements intermenstruels. Il s’agit donc d’une hyperoestrogénie relative, pouvant conduire au syndrome prémenstruel.

En période de préménopause, la progestérone diminue progressivement, sur plusieurs années, jusqu’à ce que les ovaires cessent le processus d’ovulation. On se retrouve également dans cette situation d’hyperoestrogénie relative.

Attention, le fait que ce soient des syndromes prémenstruels physiologiques ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire ! Il existe bien entendu des solutions pour améliorer le confort au cours de ces situations de vie. 



Le syndrome prémenstruel provoqué par un traitement médicamenteux

Enfin, le dernier type de syndrome prémenstruel est celui qui fait suite à un traitement médicamenteux. Les plus évidents sont les contraceptifs hormonaux (oestroprogestatifs et progestatifs seuls). Leur rôle est de bloquer les ovulations, notamment en “lissant” les fluctuations hormonales par une forte dose de progestatif. A l’arrêt de la prise du contraceptif, les ovaires peuvent avoir plus ou moins de peine à retrouver une sécrétion hormonale harmonisée entre les deux phases du cycle. Le plus souvent, cela ne dure pas plus de quelques cycles.

D’autres médicaments, principalement ceux ayant une influence sur la glande thyroïde ou sur l’hypophyse, peuvent par conséquent impacter le cycle menstruel. Ils mènent parfois également au syndrome prémenstruel



Le trouble dysphorique prémenstruel 

Ce dernier n’est pas un syndrome prémenstruel classique mais une version nettement aggravée de celui-ci. Les symptômes sont à la fois nombreux et particulièrement intenses, au point où les femmes ont l’impression de se transformer en quelqu’un d’autre. En général, elles sont invalides à ce moment-là. Elles ne peuvent absolument pas fonctionner de manière habituelle, aussi bien physiquement qu’émotionnellement ou mentalement. Le trouble dysphorique prémenstruel concerne entre 5 à 8% des femmes. Il peut être parfois confondu avec de la bipolarité.

Pour aller plus loin, vous pouvez voir ma vidéo sur le syndrome prémenstruel.

[1] Period repair, Lara Briden p 162.

[2] Syndrome prémenstruel, les solutions naturelles, Dr Bérengère Arnal, p 50.

[3] Syndrome prémenstruel, les solutions naturelles, Dr Bérengère Arnal, p 40.

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