Santé du cycle menstruel

Le syndrome des ovaires polykystiques (ou SOPK) : avez-vous été correctement diagnostiquée ?

Qu’est-ce que le SOPK


Il s’agit d’un dérèglement hormonal, apparaissant dès l’adolescence et provoquant un ensemble de symptômes variés. Les femmes peuvent avoir notamment des cycles très irréguliers, une pilosité excessive, une prise de poids, des tâches foncées sur la peau, de l’acné ou encore une résistance à l’insuline* par exemple. L’intensité des symptômes est variable d’une femme à l’autre. 

Le SOPK doit son nom au fait que bien souvent, à l’échographie, les ovaires ont de nombreux follicules à des stades de maturation différents, donnant cet aspect de kystes multiples.  Voir cet article si le mot follicule ne signifie rien pour vous.

On estime qu’environ une femme sur dix présente un SOPK. Il est plus fréquent chez les femmes en surpoids.

*l’insuline est une hormone produite par le pancréas et qui permet de faire entrer le sucre dans les cellules. 



Comment le diagnostic doit-il être posé ?


Il est rare que la femme présente tous les symptômes et lorsqu’elle en a plusieurs, cela ne veut pas dire qu’elle est atteinte du syndrome pour autant. Cela rend, bien entendu, le diagnostic difficile à établir et seul un examen gynécologique complet permet de l’identifier correctement. D’après le consensus révisé de Rotterdam, pour poser un diagnostic de SOPK, il faut avoir au moins deux de ces critères :

  • Une absence d’ovulation ou des ovulations rares, se traduisant concrètement par des cycles longs et irréguliers, voire, à des périodes sans règles pouvant durer quelques mois. 
  • Des signes cliniques ou/et biochimiques d’hyperandrogénie, c’est-à-dire une pilosité excessive/anormale, de l’acné, une perte de cheveux etc. ou/et un dosage sanguin montrant un taux d’androgène trop élevé (généralement on mesure la testostérone). 
  • Un aspect d’ovaires polykystiques à l’échographie. 

+ l’exclusion d’autres pathologies pouvant donner des symptômes similaires. 

Parfois, on mesure en plus le cholestérol et d’autres hormones comme l’insuline, la LH ou l’hormone antimüllérienne. 

Malheureusement, certains gynécologues posent ce diagnostic uniquement à partir de l’aspect polykystique des ovaires. Ce seul critère ne permet pas d’affirmer que la femme est atteinte ou non du SOPK. Effectivement, d’autres situations peuvent donner ce résultat à l’échographie, sans pour autant qu’il s’agisse réellement du SOPK. Parfois, à l’inverse, il n’y a pas d’aspect polykystique et pourtant la femme a bien le syndrome.



Avec quoi peut-il être confondu ?


L’âge peut influencer le diagnostic


En effet, le SOPK a tendance à être surdiagnostiqué chez les adolescentes. Les ovaires ont naturellement plus de follicules lorsqu’on est jeune, ce qui peut parfois prêter à confusion. De plus, les caractéristiques de la puberté normale se superposent souvent aux signes et symptômes du SOPK. Dans certains cas, cela peut conduire à un faux diagnostic. Plusieurs avis peuvent être nécessaire, ou attendre quelques années de plus, permet parfois de confirmer ou d’infirmer le syndrome.

A l’inverse, les femmes de plus de 40 ans peuvent être sous diagnostiquées puisqu’elles ont naturellement moins de follicules. Cela, bien sûr, si l’on observe uniquement le critère échographique.


L’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle


Cela se caractérise par l’absences de règles pendant plus de 3 mois ou des cycles de plus de 45 jours. Les causes peuvent être variée mais sont généralement dû à un stress important. Ce stress peut être d’ordre émotionnel comme physique. Par exemple un excès de sport, une anorexie mentale ou encore des troubles du sommeil sont un stress physique pour l’organisme.  Il arrive que les femmes atteintes d’une aménorrhée hypothalamique fonctionnelle, présente la même morphologie des ovaires que les femmes atteinte d’un SOPK. Comme elles ont, en plus, des cycles irréguliers, il n’y a qu’un pas pour faire la confusion entre les deux. 


Le post pilule


Il n’est pas rare que les femmes se retrouvent avec un SOPK après leur arrêt de contraception hormonale, alors qu’elles n’en avaient pas les symptômes avant la prise du contraceptif. Aucune étude aujourd’hui n’a encore mesuré l’influence de ces hormones sur le développement d’un SOPK donc rien ne permet de l’affirmer non plus. Cependant, certains professionnels suspectent un lien entre les deux. Pourquoi ? Parce qu’après quelques mois, voire une année, les symptômes disparaissent progressivement chez certaines d’entre elles. Parce qu’elles n’avaient pas ces symptômes avant la prise du contraceptif. Et enfin, parce que les contraceptifs hormonaux perturbent le fonctionnement normal du cycle. Il semble donc assez logique qu’à l’arrêt de ces médicaments, le corps ait besoin d’un temps d’adaptation, plus ou moins long, pour retrouver un rythme normal. 

Si un jour on établit un lien entre les deux, il serait important de se pencher sur l’impact que peut avoir une contraception hormonale chez les adolescentes. Si la jeune fille prend la pilule très jeune, il est plus compliqué ensuite de savoir à l’arrêt du médicament, si elle avait le SOPK avant ou si ces caractéristiques sont apparues suite à l’arrêt du traitement. 


Une mauvaise hygiène de vie


Une mauvaise hygiène de vie alimentaire ou la consommation d’alcool, de cigarette ou de drogues ont bien entendu un impact sur le cycle. Une surconsommation de sucre par exemple, va déclencher régulièrement des sécrétions d’insuline de la part du pancréas. Or, l’insuline interagit avec les hormones du cycle de la femme et notamment elle empêche les sécrétions de FSH (voir cet article si le mot FSH ne signifie rien pour vous). Cela peut conduire à des cycles irréguliers et donner quelques symptômes d’un SOPK. 

Une consommation excessive d’alcool, de cigarette, de drogue ou d’aliments pro-inflammatoires (produits laitiers, viande rouge, café etc) font augmenter l’inflammation dans l’organisme. Or, l’inflammation chronique aussi impacte le cycle. Effectivement, lorsque l’organisme est enflammé, il se met à sécréter du cortisol, une hormone jouant le rôle d’anti-inflammatoire. Il existe une compétition entre le cortisol et la progestérone, toujours en faveur du cortisol*. Autrement dit, s’il y a continuellement du cortisol sécrété dû à une inflammation chronique, la progestérone passera au second plan. Cela déséquilibrera la balance hormonale et peut conduire à plusieurs symptômes similaires au SOPK.   

*p52 SPM, les solutions naturelles, Dr Bérengère Arnal.



Conclusion :


Si vous pensez être atteinte du SOPK, demandez à votre gynécologue de vous faire un examen complet. Faites lui vérifier également que vous n’êtes pas dans les catégories citées plus haut. Seul un diagnostic correct vous permettra un traitement adapté.

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