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La pilule : les 3 mauvaises raisons de la prendre


La pilule a été créée pour aider les femmes à gérer leur nombre de grossesses, qui était à l’époque, pour la plupart, non désirées. Dans ce domaine, elle a merveilleusement bien rempli son rôle. Mais au fil des années, elle est devenue bien plus qu’une simple contraception. Elle est utilisée aujourd’hui aussi comme traitement pour éteindre certains symptômes “indésirables”. Nombreuses sont les femmes qui ont commencé à prendre la pilule pour une toute autre raison que la contraception : règles douloureuses, cycles irréguliers, acné, kystes ovariens, règles abondantes, syndromes prémenstruels etc. Parmi ces exemples, trois sont des raisons particulièrement fréquentes pour lesquelles la pilule est prescrite, à tort.



L’acné


D’après la Haute Autorité de Santé, la pilule ne devrait pas être prescrite lorsque le seul motif est l’acné.  “Si certaines pilules contraceptives peuvent avoir un effet positif sur l’acné, on ne peut prescrire un contraceptif à une femme qui n’a pas besoin de contraception ou de ce type de contraception.”

Et pourtant, les gynécologues sont nombreux à la proposer pour cette seule raison.


Pourquoi n’est-ce pas une raison suffisante ?

Parce que la pilule ne soigne pas l’acné, elle la masque. Aussitôt que la femme arrête sa contraception, elle est susceptible de réapparaître les mois suivants. Il existe plein de solutions différentes pour arriver au bout d’une acné, qui valent la peine d’être tentées avant de se tourner vers une contraception hormonale. L’une des premières choses à essayer est de diminuer le sucre (et ses dérivés) ainsi que les produits laitiers. En naturopathie, on accompagnera cela, en général, avec un drainage du foie et de la peau. Je ne dis pas qu’il faut juste changer son alimentation pour régler le problème…mais si cela suffisait, vous vous seriez peut-être épargnée la prise de ce médicament. L’acné donne parfois du fil à retordre, et travailler sur son équilibre hormonal s’avère être un bon complément dans certains cas. Dans le domaine de la naturopathie, il existe encore une fois, de nombreuses solutions pour cette situation. En revanche, la pilule ne permet pas de rétablir cet équilibre. Elle empêche simplement au corps de produire ses propres hormones. 

 


Les douleurs de règles


Dans le jargon médical, elles sont appelées dysménorrhées et sont encore une raison où la pilule est largement proposée. Selon les études, les douleurs de règles concernent jusqu’à 91% des femmes dans le monde en âge de procréer. 

Cela démontre une très forte variabilité des femmes touchées mais aussi, selon la population étudiée, une haute fréquence. D’après une étude publiée en Mars 2012, dans le magazine Human Reproduction, une femme sur trois voit sa douleur régresser avec la prise d’une pilule.


Comment la contraception hormonale atténue-t-elle ces douleurs ? 

Tout simplement parce qu’elle diminue le volume de sang . L’endomètre étant plus fin sous pilule, les contractions pour le détacher de l’utérus sont, par conséquent, moins fortes. 


Pourquoi est-ce un problème de prendre ce médicament uniquement en cas de douleur ? 

La douleur est un cri d’alarme du corps, qui se manifeste pour différentes raisons. L’éteindre, sans chercher à comprendre pourquoi elle apparait, peut masquer le problème mais ne va pas, en tous les cas, le guérir. Cela peut parfois même aggraver la situation, notamment avec l’endométriose. En masquant les dysménorrhées, la pilule peut la faire évoluer à bas bruit, d’après cette étude française . En revanche, soyons clair, elle ne la favorise pas pour autant ! Si vous prenez la pilule, vous n’augmentez pas vos risques de développer une endométriose mais plutôt d’aggraver une endométriose déjà existante.  


Quelles autres solutions existe-t-il face aux douleurs de règles ?

L’ostéopathie peut grandement atténuer les dysménorrhées, surtout lorsqu’elles se manifestent au cours des premières 48h. Pourquoi ? L’une des causes possibles de ces douleurs vient d’une zone d’adhérence de l’appareil génital (utérus, trompes, ovaires) avec ses tissus avoisinants. Avec quelques séances, l’ostéopathe est à même de défaire ces adhérences. Les études sérieuses manquent malheureusement dans ce domaine bien qu’il existe de nombreuses personnes à l’avoir testé avec satisfaction. Plus les femmes seront nombreuses à se tourner vers cette alternative, plus la recherche sera susceptible de s’y intéresser.   

Du côté de la naturopathie, on cherchera surtout à diminuer l’inflammation. Par exemple, en apportant suffisamment d’oméga 3 dans son alimentation, en limitant les excès de sucre, le tabagisme ou encore la caféine, pour ne citer qu’eux. On peut aussi réduire les symptômes de douleurs avec l’aide de certaines plantes comme la reine des prés, le cassis, le curcuma… Cela ne doit, en revanche, pas être un traitement au long terme mais rester temporaire. 



Les cycles irréguliers


Avant de s’étendre sur le sujet, comprenons bien ce qu’on entend déjà par cycles irréguliers. On considère que les cycles sont irréguliers lorsqu’entre, le plus long et le plus court, il y a plus de 20 jours d’écart. Trois semaines de différence sont donc sans incidence. Cela devrait en rassurer plus d’une. Selon les études, jusqu’à 35% des femmes seraient concernées.

Il existe plusieurs raisons, diverses et variées, pour expliquer ce phénomène. Cela peut venir d’un stress ou d’une contrariété, comme d’un problème de thyroïde, de surpoids ou de sous-poids, d’un excès de sport, de certains traitements médicamenteux, du syndrome des ovaires polykystiques etc. Néanmoins, il existe trois situations où l’irrégularité des cycles est normale : la puberté, l’allaitement et la ménopause. La puberté et la ménopause pouvant prendre plusieurs années avant de se stabiliser. 

Les contraceptions hormonales sont parfois proposées pour “avoir des cycles réguliers”, normalement, uniquement si la femme a aussi besoin d’une contraception. Or ces dernières stoppent, la plupart du temps, le cycle puisqu’elles empêchent les ovulations. Une femme qui saigne sous pilule n’a pas, à proprement parler, de règles mais des hémorragies de privation. En d’autres termes, elle a un cycle et des règles artificielles.  Prendre la pilule pour régulariser ses cycles n’a donc aucun sens car comme pour les douleurs de règles et l’acné, elle va masquer le problème et non le traiter. 


Mais pourquoi en fait prendre la pilule ne serait pas une bonne idée ? 


Oui après tout, pourquoi ? Si grâce à elle, l’acné disparaît ? Les saignements sont prévisibles ? Plus de douleur au moment des “règles” ? Pourquoi s’en priver ? Eh bien tout simplement parce que c’est un médicament. La pilule n’est pas un bonbon et la prendre peut entraîner des risques pour sa santé. Cancer du sein, cancer de l’utérus et accident thrombo-embolique pour les risques les plus graves. A cela, on ajoute ses effets indésirables : baisse de libido, prise de poids, maux de tête etc.

La pilule, c’est comme les antibiotiques. C’est pas automatique. 

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