Femme allaitant son bébé illustrant l’observation du cycle et de la fertilité en post-partum avec la symptothermie

Symptothermie et allaitement : comment suivre son cycle après un accouchement

Tu allaites. Ton bébé rythme tes nuits. Tes cycles semblent en pause… et pourtant, une question revient souvent : puis-je tomber enceinte maintenant ? Suis-je fertile ? Que tu sois dans un nouveau projet bébé ou qu’à l’inverse, tu souhaites une contraception naturelle pendant l’allaitement, tu es sans doute perdue au niveau de ta fertilité. Et c’est normal ! Tout a changé :  tu es dans l’aménorrhée du post-partum, ta glaire cervicale est absente ou fluctue, ta température basale est perturbée par les nuits hachées…  Il n’est pas facile de s’y retrouver.  

Symptothermie et allaitement sont-ils vraiment compatibles ? La réponse est oui — à condition de comprendre ce qui se passe vraiment dans ton corps après l’accouchement. L’observation du cycle en post-partum demande des repères précis.

Dans cet article, je vais t’expliquer simplement comment suivre ton cycle pendant l’allaitement. Tu sauras quand la fertilité peut revenir, comment interpréter tes signes, et surtout comment utiliser la symptothermie de façon fiable et sécurisée, que ton objectif soit d’éviter une grossesse… ou de favoriser une nouvelle conception.

Table des matières

Allaitement et fertilité : ce qui change vraiment après l’accouchement

Après l’accouchement, ton corps entre dans une phase particulière qu’on appelle le post-partum. Durant cette période, si tu allaites, ton cycle menstruel ne redémarre généralement pas tout de suite. Tu es en aménorrhée post-partum, car la prolactine — l’hormone de l’allaitement — freine la production d’œstrogènes et de progestérone. Ce premier cycle en post-partum dure jusqu’à ce qu’il y ait enfin le retour de couches. Par conséquent, ta glaire cervicale est souvent absente, et l’ovulation met du temps à réapparaître.

Cette reprise hormonale peut durer que quelques semaines comme plusieurs mois. Tout dépend en grande partie de ton type d’allaitement :

  • Allaitement exclusif;
  • Allaitement mixte ou partiel;
  • Diminution des tétées ou sevrage.

En effet, plus les tétées sont fréquentes et plus la succion sur le sein est forte, plus la prolactine reste élevée et retarde l’ovulation. Le retour de la fertilité n’est donc pas immédiat et peut sembler imprévisible. Mais pas pour celles qui sont formées à la méthode symptothermique ! Les règles de la symptothermie s’adaptent parfaitement pendant cette période très spécifique.

Avant de t’expliquer comment interpréter ces signes, voyons d’abord comment la fertilité revient progressivement pendant l’allaitement.

Ovulation, retour de couches et fertilité en post-partum

Si tu allaites, tu as sans doute déjà entendu parler du retour de couches. Il s’agit des premières règles après l’accouchement. Elles sont à différencier des lochies qui peuvent survenir jusqu’à 8 semaines après ce dernier. Le plus souvent, elles marquent la reprise du cycle menstruel mais dans la réalité, c’est un peu plus complexe. Ce n’est pas toujours lui qui signale le véritable retour de la fertilité.

➤ Peut-on ovuler avant le retour des règles ?

En principe, avec un allaitement exclusif, sans complément au biberon, le retour de couche à tendance à être tardif. Et à l’inverse, quand les tétées diminuent, il peut survenir plus tôt. Mais le vrai moteur du cycle, ce n’est pas l’arrivée des saignements… c’est la reprise de l’ovulation.

On pense souvent que l’ovulation se produit forcément avant le retour des règles, mais ce n’est pas automatique.

Si ton allaitement est exclusif, plus le retour de couche est précoce (avant les 4 premiers mois environ), moins il est probable que tu aies ovulé avant. Et plus il arrive tard, plus les chances augmentent que ton corps ait tenté une ovulation en post-partum.

C’est d’ailleurs l’un des grands intérêts de la méthode symptothermique pendant l’allaitement : elle permet de vérifier si tu as réellement ovulé. Si ta température basale ne reste pas en plateau haut, même en présence d’une glaire cervicale hautement fertile, c’est que ton ovulation n’a pas encore eu lieu. La glaire peut revenir, fluctuer, puis disparaître… sans pour autant confirmer une ovulation.

➤ À quel moment la fertilité peut-elle revenir ?

Le retour de la fertilité pendant un allaitement peut sembler aléatoire mais en réalité, il y a de nombreux indices qui t’informent de la situation.

Le premier, c’est l’évolution de ta glaire cervicale :

  • Au début du cycle post-partum, surtout si tu allaites exclusivement, elle est souvent très sporadique, voire absente.
  • Puis elle devient plus régulière, plus abondante et plus « fertile ».
  • À l’approche du retour de couches, elle peut même être présente quotidiennement, parfois pendant plusieurs semaines.

D’autres signes peuvent t’aider, comme une hausse de libido liée à la montée d’œstrogènes, typique d’une ovulation qui se prépare.

La fréquence des tétées est aussi un indicateur important :

  • ton bébé fait enfin ses nuits,
  • la diversification alimentaire démarre,
  • tu reprends le travail et les tétées s’espacent…

Tout cela fait baisser la prolactine, ce qui laisse davantage de place au retour de l’ovulation.

Signes de retour de fertilité en allaitement avant le retour de couches : glaire cervicale, reprise de la libido et diminution des tétées.

Même l’intensité des tétées peut jouer. Par exemple, avant la diversification, si ton bébé a des selles vertes plutôt que jaunes, cela peut indiquer qu’il ne vide pas complètement le sein. La prolactine peut alors diminuer, ce qui favorise une reprise hormonale plus rapide. Mais pour que cela influence réellement ton cycle, la situation doit durer plusieurs jours. Un épisode isolé ne suffit pas à relancer ton ovulation.

Comment observer son cycle en post-partum quand on allaite

Pendant l’allaitement, observer son cycle peut vite devenir un casse-tête :
nuis hachées, température basale peu fiable, glaire cervicale changeante… Pas évident de pratiquer la symptothermie dans ces conditions.

Alors, comment faire pour observer son cycle sereinement pendant l’allaitement ?

➤ La température basale en allaitement : fiable ou non ?

En symptothermie, on mesure sa température basale au réveil pour repérer le décalage thermique lié à la progestérone après l’ovulation. On combine ce marqueur avec la glaire cervicale ou le col pour identifier la fin de la période fertile.

Cependant, la température n’augmente pas uniquement grâce à la progestérone :
manque de sommeil, fièvre, alcool, angine, coup de soleil… Tout cela peut fausser légèrement la courbe.

Or, justement, pendant l’allaitement, les réveils nocturnes sont fréquents, ce qui complique l’analyse du cycle. Voici 4 astuces pour continuer à interpréter correctement ta courbe de température :

  1. Si tes nuits sont toujours perturbées, toute la courbe sera un peu plus haute et irrégulière. Malgré une courbe qui joue aux montagnes russes, on retrouve généralement la montée liée à la progestérone en observant la tendance globale.
  2. Tu peux éventuellement utiliser un thermomètre nocturne comme l’appel watch, l’oura ring, le tempdrop ou encore le trackle. Ces dispositifs se portent toute la nuit et prennent la température à ta place. Cela facilite énormément la prise mais va en plus lisser les perturbations liées au nombreux réveils la nuit. Il y a quelques recommandations à connaître avant de les utiliser et je t’en parle dans cet article.
  3. Tu n’as pas besoin de prendre ta température immédiatement après ton accouchement ! Rappelle-toi, l’allaitement retarde l’ovulation. Tant que tu ne vois pas d’autres signes de retour de fertilité (baisse de la lactation, retour de libido, apparition de glaire cervicale…), tu peux te laisser tranquille avec la température.
  4. Fais-toi accompagner, si possible, par une formatrice certifiée ayant de l’expérience avec la symptothermie en allaitement. Les cycles post-partum peuvent être déroutants : un regard extérieur aide énormément.

➤ La glaire cervicale après accouchement : comment l’interpréter ?

Différents profils de glaire cervicale en allaitement observés en symptothermie : profil simple, progressif et profil d’infertilité de base (PIB)

La glaire cervicale pendant l’allaitement est très variable — d’une femme à l’autre, mais aussi d’un allaitement à l’autre.

Voici les trois profils les plus fréquents :

  1. Le retour de glaire progressif et clair (le plus simple)

La glaire est d’abord absente, puis revient nettement lorsque l’allaitement diminue, pendant 2 à 4 semaines, avant une montée de température.
Ce profil est facile à interpréter, mais reste peu courant.

  1. Le profil fluctuant (le plus fréquent)

La glaire apparaît quelques jours, disparaît, revient… parfois plusieurs fois.
Dans ce cas, on applique la règle du “pic + 4” :

Après un pic de glaire, il faut 4 jours de retour à une qualité moindre, avec un dernier jour “sec” ou “rien vu / rien senti”, pour se considérer à nouveau infertile.

Ce profil demande plus de vigilance.

  1. Le profil d’infertilité de base (plus rare)

Certaines femmes produisent une glaire de basse qualité, identique, tous les jours pendant l’allaitement.
On parle alors de profil d’infertilité de base (PIB) :
la femme peut se considérer infertile tant que cette glaire reste identique pendant 3 semaines consécutives.

Ce profil étant rare, il est fortement conseillé de se faire accompagner pour le confirmer.

Fiabilité de la symptothermie en allaitement : ce qu’il faut vraiment savoir

Contrairement à ce qu’on lit parfois, la symptothermie n’est pas moins fiable pendant l’allaitement. Ce qui change, ce sont les observations. Elles deviennent plus complexes en post-partum : fatigue intense, nuits hachées, observations parfois irrégulières, retour progressif de la fertilité, manque de temps… Tout cela peut augmenter les risques d’erreurs humaines, mais pas la fiabilité intrinsèque de la méthode.

D’ailleurs, pendant les premiers mois, l’allaitement lui-même peut offrir une excellente efficacité contraceptive grâce à la MAMA (Méthode d’Aménorrhée et d’Allaitement Maternel). Cette méthode de contraception naturelle pendant l’allaitement est reconnue par l’OMS, elle affiche une fiabilité équivalente à la symptothermie :

  • Moins de 1 % d’échec en utilisation parfaite,
  • Et 2 % en pratique réelle.

En combinant les règles de la symptothermie avec celles de la MAMA, lorsque cela est possible, on peut obtenir une sécurité contraceptive très élevée en post-partum.

Bien sûr, l’accompagnement par une formatrice certifiée est préférable pour éviter les erreurs d’analyse courantes dans cette période très particulière du post-partum.

💡 Qu’est-ce que la MAMA ?

La méthode d’allaitement maternelle et d’aménorrheé est une autre contraception 100% naturelle. Pour être dans les critères de la MAMA il faut :

  • Un allaitement exclusif
  • Des tétées au moins toutes les 6h la nuit et toutes les 4h le jour
  • Utilisable les 6 premier mois et tant qu’il n’y a pas de retour de couche.

Si ces critères sont réunis, la MAMA offre une efficacité contraception comparable aux meilleures méthodes naturelles. Elle peut parfaitement être intégrée à la symptothermie pour augmenter encore la sécurité en post-partum. On peut aussi démarrer avec la MAMA puis basculer à la symptothermie dès qu’on commence à sortir de ces critères.

Allaitement exclusif, mixte, sevrage : quelles différences pour le cycle ?

Le type d’allaitement (exclusif, mixte ou en cours de sevrage) influence directement la production de prolactine, l’axe hormonal et donc la reprise de l’ovulation. Comprendre ces nuances aide à anticiper le retour de couches et à adapter sa contraception naturelle pendant le post-partum.

➤ Allaitement exclusif et ovulation retardée

Un allaitement est dit exclusif lorsque bébé tète uniquement au sein, sans biberon, sans tétine, sans bouts de sein et sans tire-lait.
Pourquoi ces détails comptent ?
Parce que tout ce qui diminue la succion directe au sein réduit l’intensité des tétées… et donc la prolactine, l’hormone qui inhibe l’ovulation.

Avec un allaitement exclusif strict, la prolactine reste élevée, et l’ovulation est généralement retardée jusqu’à ce que la lactation diminue.

Cela se produit le plus souvent :

  • au début de la diversification alimentaire,
  • quand bébé espace les tétées,
  • ou lorsqu’il commence à faire ses nuits.

Dans certains contextes — tétées très fréquentes, co-dodo, siestes ensemble, portage intensif — on parle d’allaitement écologique.
Dans ces conditions, la prolactine reste encore plus stable, et la fertilité peut revenir seulement après 12 à 18 mois, parfois plus.
Le sommeil partagé augmente également la prolactine nocturne, ce qui peut retarder davantage le retour de l’ovulation et prolonger ce cycle post-partum.

Comparaison des types d’allaitement (exclusif, mixte, écologique) et de leur impact sur le retour de l’ovulation et de la fertilité en post-partum.

➤ Allaitement mixte et reprise hormonale plus rapide

On parle d’allaitement mixte dès qu’on introduit :

  • des biberons (même de lait maternel),
  • des bouts de sein,
  • une tétine, ou encore, si ton bébé suce son pouce. Cela réduit l’efficacité de la succion au sein.

Dès que la stimulation directe du mamelon diminue, la prolactine chute plus rapidement.
Dans ces conditions, tes hormones ovariennes recommencent à fluctuer et la reprise de l’ovulation peut être plus rapide.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les femmes en allaitement mixte peuvent voir leurs règles revenir quelques semaines ou quelques mois seulement après l’accouchement — même si elles allaitent encore.

Symptothermie et allaitement : les erreurs les plus fréquentes

La symptothermie reste une méthode fiable pendant l’allaitement, mais le post-partum est une période où la fatigue, les nuits hachées et les variations hormonales rendent les observations plus délicates. Certaines erreurs reviennent très souvent et peuvent conduire à des interprétations faussées. Voici les plus courantes — et comment les éviter pour pratiquer la symptothermie en toute sécurité pendant l’allaitement.

➤ Mal observer la glaire cervicale : l’erreur la plus fréquente en allaitement

Dans les premiers mois post-partum, la température basale n’est pas immédiatement indispensable : déjà parce que tant que l’ovulation est repoussée, la température restera basse pendant des mois. Et ensuite parce qu’elles sont régulièrement perturbées par les réveils fréquents.  Les premiers temps, on compte donc principalement sur l’apparition de la glaire cervicale. Dès que celle-ci devient régulière, il faut absolument reprendre ses températures.

C’est là que les erreurs surviennent le plus souvent : non pas parce que la symptothermie serait moins fiable, mais parce que les observations sont plus difficiles à réaliser au quotidien.

Les erreurs les plus courantes :

  • Ne pas noter la glaire chaque jour, ce qui fait perdre le fil des variations et rend le pic +4 impossible à appliquer correctement.
  • Confondre ressenti et visibilité : la glaire peut être très fertile en ressenti, même si on n’en voit pas ou très peu.
  • Passer à côté de la glaire fertile en cas de constipation, de déshydratation, ou d’oubli.
  • S’appuyer uniquement sur ce qu’on voit sur les sous-vêtements, alors que l’observation doit se faire au niveau de la vulve.

📝  Ce qu’il faut retenir :

Pendant l’allaitement, la glaire est ton seul vrai indicateur jusqu’au premier vrai plateau haut.
La fiabilité repose donc sur des observations quotidiennes, rigoureuses et bien interprétées.

➤ Croire que l’absence de règles protège d’une grossesse

C’est l’une des croyances les plus répandues : “Tant que je n’ai pas mes règles, je ne peux pas tomber enceinte.”
En réalité, la première ovulation post-partum peut arriver avant le premier retour de couches — donc avant que tu ne voies revenir tes règles.

C’est encore plus vrai si :

  • l’allaitement n’est plus strictement exclusif,
  • les tétées sont espacées,
  • le bébé commence à faire ses nuits,
  • le sevrage a débuté.

📝  Ce qu’il faut retenir :
L’absence de règles pendant l’allaitement n’est pas un indicateur de contraception.
Seule l’observation fine des signes du cycle (glaire + température + contextes d’allaitement) permet d’évaluer la reprise réelle de la fertilité.

Conseils pratiques pour utiliser la symptothermie en toute sécurité après un accouchement

L’arrivée d’un bébé transforme complètement le quotidien : nombreux réveils la nuit, rythme imprévisible, charge mentale élevée… Notre temps disponible se retrouve soudain fortement réduit. (Même trouver du temps pour prendre une douche peut être un challenge !).

Dans ce contexte, pratiquer la symptothermie peut sembler difficile. Pourtant, avec quelques ajustements, elle reste tout à fait compatible avec le post-partum et l’allaitement.

Voici comment rendre les observations réalistes et sécurisées, même avec un nouveau-né.

➤ Quand commencer l’observation en post-partum ?

Selon les écoles de symptothermie, certaines conseillent de reprendre la température basale très tôt.
Mais si tu allaites — et surtout en allaitement exclusif — ces prises de température précoces n’apportent généralement aucune information utile. En effet, l’ovulation ne revient souvent qu’après plusieurs mois.

👉 Le meilleur moment pour reprendre ses températures :
Quand les signes de fertilité deviennent plus réguliers, ou que la lactation diminue comme :

  • une glaire cervicale plus fréquente,
  • des nuits un peu plus longues,
  • un regain d’énergie ou de libido,
  • une diminution progressive des tétées.

Avant cela, la glaire reste ton indicateur principal.

Tu peux également utiliser un thermomètre nocturne si c’est plus pratique.
Même s’ils n’ont pas été validés scientifiquement en symptothermie, ils peuvent être utilisés avec prudence, idéalement avec l’œil d’une formatrice qui vérifiera la cohérence de tes courbes et de ton retour de fertilité.

➤ Pourquoi se faire accompagner est fortement recommandé

Pendant l’allaitement, les observations sont plus subtiles, plus irrégulières et plus exposées aux erreurs humaines.
Un accompagnement personnalisé permet de :

  • sécuriser l’interprétation de tes signes,
  • poser toutes tes questions,
  • éviter les erreurs courantes (notamment sur la glaire),
  • pratiquer avec sérénité, même dans une période de vie intense.

👉 Si tu souhaites être guidée pas à pas, je propose un accompagnement spécialisé pour pratiquer la symptothermie en toute confiance, même en post-partum. Habituellement mes accompagnements se déroulent sur 6 cycles mais pendant l’allaitement c’est un peu différent. Si tu pratiquais déjà la symptothermie avant ta grossesse, mon accompagnement se déroule en 4 rencontres au cours de ton allaitement et en 7 si tu n’as encore jamais pratiqué la symptothermie. Tu peux en savoir plus ici :

✅ À retenir : Symptothermie et allaitement

  • L’allaitement modifie temporairement la fertilité, mais ne l’annule pas systématiquement : une ovulation peut survenir avant le retour de couches.

  • Si l’allaitement est exclusif, la glaire cervicale est le premier signe clé du retour de fertilité en post-partum, bien avant la température.

  • La symptothermie reste utilisable pendant l’allaitement, à condition d’adapter les règles de la méthode (pic+4 et prise en compte du type d’allaitement).

  • La méthode MAMA, lorsqu’elle est correctement appliquée (allaitement exclusif, bébé de moins de 6 mois, aménorrhée), est reconnue par l’OMS et peut être très fiable, surtout lorsqu’elle est intégrée à une approche symptothermique.

  • Le type d’allaitement (exclusif, mixte, sevrage) influence fortement le moment du retour de l’ovulation.

  • La fatigue, le manque de sommeil et la reprise progressive de la fertilité rendent cette période plus délicate : l’accompagnement par une formatrice améliore la sécurité et la confiance dans les observations.

Foire aux questions (FAQ)

Peut-on tomber enceinte en allaitant sans retour de règles ?

Oui. Même en allaitant, l’ovulation peut revenir avant le retour de couches, surtout si l’allaitement n’est plus exclusif ou que les tétées s’espacent. Comme la première ovulation n’est pas précédée de règles, il est possible de concevoir sans avoir eu de saignements. La symptothermie et le fait de sortir des règles strictes de la méthode MAMA permettent de mieux anticiper ce retour de fertilité.

Oui, mais sa lecture est plus délicate en post-partum car elle a tendance à beaucoup fluctuer. L’arrivée du bébé et le temps disponible pour la mère, rendent aussi les observations quotidiennes plus difficiles. Mais si elles sont faites régulièrement et correctement (ressenti + visibilité), avec les règles adaptées de la symptothermie (dont le pic + 4), la glaire reste un indicateur fiable de la fenêtre fertile.

Cela dépend des profils mais si la mère note bien son niveau de fatigue et ses très mauvaises nuits, cela permet d’interpréter plus finement la courbe et de mieux repérer une vraie montée. Les nuits hachées augmentent souvent la température, mais on parvient le plus souvent à repérer une tendance globale et une vraie montée liée à la progestérone. L’important : attendre le retour d’autres signes (glaire plus présente, libido, baisse des tétées) avant de refaire des séries de prises.

C’est possible, mais avec prudence. Les dispositifs comme Tempdrop, Oura Ring, Apple Watch ou Trackle peuvent lisser les perturbations nocturnes, mais ils n’ont jamais été validés spécifiquement ni pour la symptothermie, ni pour le post-partum. Un accompagnement permet de vérifier la cohérence des données avec les signes de fertilité observés.

Oui, si les critères de la méthode MAMA sont strictement respectés : allaitement exclusif au sein, tétées fréquentes (toutes les 4h le jour, 6h la nuit), bébé de moins de 6 mois, absence de retour de couches. Dans ce cadre, la MAMA offre une fiabilité comparable à la symptothermie (98 % en pratique). Dès qu’on sort des critères, la fertilité peut revenir rapidement.

Cet article est proposé à des fins éducatives.
Il s’appuie sur la littérature scientifique disponible, sur les recommandations internationales en matière de fertilité et d’allaitement, ainsi que sur mon expérience de terrain auprès de femmes en post-partum dans le cadre de mon activité de naturopathe et de formatrice en symptothermie.
Il ne remplace pas un avis médical, un diagnostic ou un traitement.

 

Sources consultées (sélection non exhaustive)
– L’art de l’allaitement maternel, de la Leache League.
Family Planning: A Global Handbook for Providers (2022)
– Fertility Awareness for Responsible Parenting, FEDRA
– Naturel et Fiable – Sensiplan, manuel officiel.
– The Complete Guide to Fertility Awareness — Jane Knight.

 

Auteure : Sarah Mathieu — Naturopathe spécialisée en santé féminine, fertilité naturelle et symptothermie, depuis plus de 10 ans.

Pour rappel, le plagiat est illicite et des contrôles sont faits régulièrement sur ces articles afin que la propriété intellectuelle de l’auteure soit respectée.

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