Santé du cycle menstruel

Comment réduire naturellement ses taux de prolactine ?

La prolactine est une hormone sécrétée par la glande hypophyse, une glande située au milieu du cerveau. Elle est produite naturellement de façon élevée pendant la grossesse et l’allaitement. C’est l’hormone qui permet la fabrication du lait maternel. (Pro = pour, Lactine = lait).  Il arrive, dans certaines conditions, qu’elle soit sécrétée de façon importante en dehors de ces deux périodes de vie particulières et cela peut poser plusieurs problèmes…

Qu’est-ce que l’hyperprolactinémie ?

On se retrouve en hyperprolactinémie lorsque les taux de prolactine dépassent 20 ng/ml de sang. Certaines circonstances peuvent influencer les résultats. Ainsi, pour que cette analyse de sang soit représentative, il faut :

  • faire la prise de sang le matin
  • être à jeun
  • être détendue, le stress pouvant augmenter les taux de prolactine
  • ne pas avoir fait un exercice physique juste avant
  • ne pas avoir eu un rapport sexuel juste avant
  • ne pas être sous certains médicaments, notamment ceux psychiatriques et ceux contre les remontées acides car ils peuvent augmenter les taux de prolactine.
  • ne pas être sous contraception hormonale
  • effectuer le test au début de son cycle menstruel
  • et bien sûr être ni en situation d’allaitement, ni enceinte.

Si la prolactine est très élevée en ayant été mesurée dans de bonnes conditions, consultez un médecin. Une tumeur bénigne de l’hypophyse (un prolactinome) ou un dysfonctionnement de cette dernière peuvent être responsables de taux anormalement élevés. Mais ils peuvent aussi être causés par d’autres problématiques comme une hypothyroïde, une anorexie mentale, une glycémie faible ou encore une insuffisance rénale. 

Lorsque les taux sont très importants, il est nécessaire de prendre un traitement médicamenteux mais lorsque les taux sont élevés de façon relative, il est possible d’envisager un traitement naturel. Parlez-en à votre médecin au préalable pour savoir si vous entrez dans cette catégorie. 

N-B : L’hyperprolactinémie existe aussi chez l’homme, bien que plus rare. 

Quels problèmes posent une prolactine élevée sur la santé et la fertilité?

L’hypophyse, la glande qui sécrète la prolactine, produit également d’autres hormones, comme la FSH et la LH. Or, ces hormones jouent, pour chacune d’elles, des rôles essentiels sur le cycle menstruel et donc la fertilité. La FSH et la LH permettent pour l’une de préparer une ovulation et pour l’autre de la déclencher. Seulement, la prolactine ne peut pas être sécrétée en même temps que ces deux hormones. Autrement dit, si la prolactine est élevée, les taux de FSH et de LH vont diminuer. Le cycle menstruel va alors en être impacté. Les menstruations peuvent être irrégulières voire absentes, signalant par là un arrêt des ovulations.  Au-delà du problème évident que cela pose sur la fertilité, rappelons que les ovulations sont le seul moyen pour produire naturellement de la progestérone, en quantité suffisante. Or cette dernière impacte différents aspects de notre santé, notamment la densité minérale osseuse. Lorsqu’une femme se retrouve en aménorrhée pendant une année, sa densité minérale osseuse au niveau de la colonne, chute de 4%. 

Comment peut-on agir, sans médicaments, sur ses taux de prolactine ?

Pour éviter de surstimuler sa production de prolactine, il faut éviter de consommer de l’alcool et plus particulièrement de la bière. En effet, la bière a des propriétés galactogènes et était traditionnellement utilisée pour favoriser l’allaitement. Il est connu également que l’alcoolisme augmente les niveaux de prolactine aussi bien chez la femme que chez l’homme.

Des plantes comme le fenugrec, le chardon marie, le fenouil (les graines)… et bien d’autres encore, peuvent également stimuler la prolactine. Si vous consommez de nombreuses tisanes, ou utilisez de la phytothérapie, il est important de vérifier au préalable qu’elles ne font pas partie des plantes galactogènes. 

Une bonne gestion du stress vous sera également bénéfique : méditation, yoga, sophrologie, massage… Ces pratiques peuvent vous aider à diminuer vos niveaux de prolactine, si l’origine de celle-ci est nerveuse. Si votre moyen de lutter contre le stress est le sport, attention tout de même à ne pas en pratiquer de façon intensive. En effet, l’activité sportive de haute intensité peut conduire à une production excessive de prolactine

Veillez également à avoir un apport correct en glucide dans votre alimentation, une glycémie basse peut également conduire à une hyperprolactinémie

Évitez les soutiens-gorges trop serrés ou les vêtements qui créeraient trop de frottement sur les mamelons. Je rappelle qu’habituellement c’est la succion du bébé sur le mamelon qui crée la lactation. Toute stimulation, même indirecte, peut potentiellement entretenir les niveaux de prolactine

Enfin des plantes, comme le gattilier, peuvent diminuer les taux de prolactine. La vitamine B6 est également efficace car elle inhibe la prolactine et la vitamine E semble, elle aussi, pouvoir réduire les niveaux de cette hormone. Veillez à vérifier auprès d’un professionnel de la santé, les bons dosages de ces plantes et/ou vitamines. L’automédication, même naturelle, comporte des risques.

Bien sûr, si vous souffrez d’anorexie mentale ou d’hypothyroïdie, il faudra travailler sur ces pathologies pour arriver à une baisse de la prolactine

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