contraception naturelle

Les 5 grands avantages d’une méthode d’observation du cycle

Avant tout, qu’est-ce qu’une méthode d’observation du cycle ? Il s’agit là, de techniques visant à repérer dans le cycle menstruel la période fertile de la femme, soit par le biais de la technologie, ou d’outils, soit par les signes produits par le corps. Je parle bien de « période fertile » et non d’ovulation. Aucune méthode ne permet d’être sûr à 100% de ce jour, sauf si on utilise un échographe, et encore, il faudrait l’utiliser quotidiennement… Quoi qu’il en soit, on ne peut pas connaître à l’avance le jour de l’ovulation.

Parmi celles, qui utilisent la technologie, nous avons par exemple les méthodes calculo-thermiques, le Clearblue, les tests salivaires, ou encore, les méthodes symptothermiques. Et pour celles, qui ne nécessitent aucun outil, il existe la méthode d’ovulation Billings, la méthode Creighton, la méthode des deux jours, et l’autopalpation du col de l’utérus. Attention, les méthodes du calendrier (ou méthode Ogino/Knaus dont de nombreuses applications dites contraceptives se sont inspirées) ne font pas partie des méthodes d’observation du cycle. La méthode Ogino est un calcul théorique sur la période supposée fertile. La femme n’a rien à observer, ou mesurer de particulier, si ce n’est de noter la longueur de ses cycles. Ça ne correspond pas forcément à sa fertilité réelle. 

Observer son cycle apporte plusieurs avantages. Plus la méthode est précise, plus elle comporte de bénéfices, cités ci-après.

 

La contraception

 

Premièrement, elles peuvent être utilisées pour la contraception. C’est d’ailleurs, pour certaines, leur but. Cependant, prudence tout de même si c’est là votre objectif, car toutes ne sont pas adaptées dans ce cadre là. Vous retrouverez dans cet article lesquelles peuvent être employées dans ce domaine, tout en gardant une efficacité élevée.

Observer son cycle permet d’identifier sa période féconde. Habituellement, celle-ci dure entre une semaine à dix jours. Repérer cette phase permet d’éviter les rapports sexuels à ce moment là, ou d’utiliser une méthode barrière. 

 

Favoriser une conception 

 

Si l’on peut éviter les grossesses, on peut aussi les encourager. Forcément, bien connaître sa période fertile, aide aussi à cibler les rapports au bon moment. Ça sera toujours plus efficace que de s’en tenir au 14ème jour. En effet, très peu de femme en réalité ovule à cette période du cycle (d’après les observations de plus de 9000 cycles par Sensiplan, seule ¼ des femmes auraient une ovulation entre le 14ème et le 15ème jour de leur cycle). 

Certains outils ont d’ailleurs été créés spécifiquement pour aider les couples à concevoir, comme le Clearbue, ou les tests salivaires (Ovatel, Maybe Baby, Geratherm Ovu Control…). 

Il est conseillé alors d’avoir des rapports tous les deux à trois jours pendant la phase fertile, afin que la concentration en spermatozoïdes dans le sperme soit suffisante. 

De plus, pour celles qui prennent en compte la température basale, pas besoin de test de grossesse ! Celle-ci sera confirmée, si la température se maintient en plateau haut pendant au moins 19 jours. 

 

Connaître son équilibre hormonal

 

Le cycle menstruel est un jeu d’équilibre entre les œstrogènes, qui dominent dans la première partie du cycle, et la progestérone, qui prime dans la deuxième. Idéalement, ces deux phases doivent être plus ou moins de longueur semblable. 

Ainsi, selon la méthode choisie, on peut avoir une idée des taux hormonaux et de leur durée de sécrétion. On ne pourra pas avoir de chiffres, comme avec une prise de sang bien entendu, mais d’après la qualité des signes, on pourra estimer s’ils sont suffisants ou pas. 

Par exemple, les méthodes qui observent la glaire cervicale, comme Billings, Creighton, ou encore la symptothermie, reflèteront la phase dite folliculaire, c’est-à-dire, celle où la femme sécrète principalement des œstrogènes. Plus le fluide cervical sera de bonne qualité, autrement dit, plutôt transparent et élastique, plus la phase folliculaire est estimée bonne. La quantité n’est pas synonyme ici d’une bonne phase oestrogénique, sa durée d’observation non plus. A l’inverse, si l’on en constate trop longtemps (plus de 15 jours), cela peut illustrer un déséquilibre hormonal. Cela dit, il existe aussi des femmes, qui en observent en continu d’un aspect moindre, sauf pendant leur période fertile où elle se révèle être de meilleure qualité. On appelle cela le « profil d’infertilité de base ». Cela ne signifie pas qu’elles ont des problèmes de fertilité, mais simplement que la glaire, qu’elles observent sans interruption, n’est pas « fertile » en permanence. Pour celles-ci, elles devront s’en tenir avant tout à la qualité du fluide cervicale pour juger correctement de leur niveau d’œstrogènes. 

L’autopalpation du col de l’utérus, ainsi que les tests salivaires, donneront également une bonne idée de la longueur de la phase folliculaire. 

Celles, qui demandent une prise de température basale, comme la symptothermie, ou les méthodes calculo-thermiques, permettront de repérer la durée de la phase lutéale. Autrement dit, lorsque la femme sécrète une grande quantité de progestérone. Un décalage de température plus marqué indiquera potentiellement des taux de progestérone suffisants. La longueur du plateau haut de température reflètera la durée de la phase lutéale. Si celle-ci est trop courte, c’est-à-dire en dessus de 10 jours, cela démontre une durée de sécrétion insuffisante. Le cycle s’en retrouve déséquilibré et cela peut poser problème, notamment pour concevoir.

Certains appareils mesurent le pic de LH dans les urines, comme le Clearblue. La LH est une hormone qui est sécrétée en grande quantité quelques heures avant l’ovulation. Cependant, les résultats sont parfois un peu aléatoires. Effectivement, il y a des femmes qui ont des taux de LH trop faibles, ou à l’inverse trop élevés pour être détectable par ces appareils. Parfois, elles en sécrètent sur une durée trop courte, et la LH passera entre les périodes de test [1]. Mais, si vous ne figurez pas dans ces catégories, vous aurez le moment plus ou moins approximatif où votre cycle bascule d’une phase à l’autre. En fonction de leur longueur, cela vous donnera une idée de la durée des phases folliculaire et lutéale. 

Les méthodes symptothermique ont l’avantage de donner des informations sur ces deux parties du cycle. 

 

Un miroir de son état et de sa santé

 

Savez-vous que votre cycle vous parle ? 

Un cycle où le couple œstrogènes / progestérone est disharmonieux est déjà un cri d’alarme de votre corps. Tout comme les symptômes éventuels, qui peuvent l’accompagner : les maux de tête, les douleurs des seins, l’acné, l’irritabilité etc. Ne considérez jamais ces symptômes comme une normalité, car ils vont de pair avec ce déséquilibre hormonal.

Avec une courbe de température, il est amusant de constater par exemple qu’un peu trop d’alcool, une dispute, un stress, ou encore un coup de soleil peuvent créer un pic de température, vers le haut.

 Lorsque les températures sont particulièrement basses, ou à l’inverse très élevées, cela est susceptible d’indiquer une hypo ou une hyperthyroïdie. Certaines femmes ont pu détecter ainsi des problèmes de thyroïde.

Trop souvent, les femmes qui rencontrent des difficultés pour concevoir, se concentrent uniquement sur le jour de l’ovulation, notamment avec l’aide d’application, de tests salivaires, ou encore le Clearblue. Seulement, lorsque la phase lutéale est trop courte, il n’est pas possible de tomber enceinte, même si on a un rapport le jour de l’ovulation. La prise de température basale a aidé plus d’une femme à identifier une phase lutéale défectueuse. 

En suivant de près son cycle, on peut constater, de temps en temps, une ovulation plus tardive que d’habitude, et ceci n’est pas le fruit du hasard. Encore une fois, votre corps a de bonnes raisons de retarder une ovulation : angoisse, stress, forte contrariété, régime, exercice physique intense… autant de raisons où le corps n’est pas dans les conditions idéales pour démarrer une grossesse, et donc ovuler.

Observer son cycle, permet parfois de mettre le doigt sur les choses qui ne vous conviennent pas, que ça soit au niveau de votre hygiène de vie, ou de votre état émotionnel. 

 

Est-ce que vous ovulez à chaque cycle ?

 

Si vous ne pratiquez pas déjà une méthode d’observation du cycle, cela va peut-être vous surprendre, mais avoir ses règles, même régulièrement, ne vous garantit pas d’ovuler à chaque cycle. Effectivement, il arrive que parfois la femme ait des cycles, que l’on nomme dans le milieu bio/médical, anovulatoires. Que se passe-t-il, au niveau hormonal, lorsque la femme n’ovule pas ? Il n’y a pas eu les deux phases du cycle habituelles, mais à la place une très longue phase folliculaire. L’un des rôles, de cette première partie de cycle, est le développement de l’endomètre, autrement dit le tapis de sang dans votre utérus, qui se détache à la fin de votre cycle, et donne les règles. Cette première phase devient tellement longue, qu’après un certain temps, l’utérus va être, en quelque sorte, « trop plein de sang ». Il va alors se contracter pour détacher cet endomètre, et en fabriquer un autre. Cependant, il ne s’agira pas ici de règles, car il n’y a pas eu d’ovulation avant, mais de saignements intermenstruels. Ces saignements arrivent, parfois au bout de la même période que vos règles habituelles, ont la même intensité, le même flux, les mêmes douleurs… Vous ne pourrez pas faire la différence, sauf si vous prenez vos températures. De ce fait, c’est le seul signe qui confirme une ovulation. Les autres tests, ou observations, montrent principalement une activité hormonale oestrogénique. Celle-ci n’aboutit pas systématiquement à une ovulation. Parfois, le corps fait plusieurs tentatives avant de réussir. 

Une absence d’ovulation peut avoir différentes causes, mentionnées plus haut dans l’article, mais elle est parfois conséquente à la maladie cœliaque, ou des troubles de la thyroïde. 

Le fait de ne pas ovuler veut aussi dire ne pas produire cette grande quantité de progestérone en deuxième partie de cycle. Or cette progestérone nous protège, en partie, des risques de déminéralisation , et de problèmes cardio-vasculaires, d’où l’importance d’ovuler et d’avoir un cycle hormonalement équilibré. 

Pour résumer, une méthode d’observation du cycle c’est la gestion de sa fertilité 

            Connaître sa balance hormonale, et savoir si on ovule, sont des données utiles pour établir vous-même un mini bilan de santé mensuel, mais vous permet aussi, selon la méthode employée, de savoir quand concevoir, ou à l’inverse quand ce n’est pas possible. C’est un fantastique moyen d’être maîtresse de son corps, de sa santé et de sa fertilité.

[1] Tony Weschler, Taking charge of your fertility, p 190.

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